Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 14 mars 2018

Le « terrorisme de papier » des Freemen on the land

Publié le

Un homme se fraie un chemin à travers une vague de paperasse.
Les adeptes du mouvement Freemen on the land usent de la bureaucratie pour s'opposer aux lois auxquelles ils ne croient pas.   Photo : iStock

Ils croient pouvoir se dérober aux lois de l'État, adhèrent à de singulières théories complotistes entourant leur certificat de naissance et souhaitent détraquer l'État à coups de formulaires mal remplis et de recours en justice. Les Freemen on the land n'ont ni manifeste, ni chef, ni site Internet, ni lieu de rassemblement, mais ils existent depuis au moins un siècle et compteraient quelque 30 000 membres au Canada. Parmi eux, la Dre Christine Banville, qui conteste un jugement de la Cour du Québec la condamnant à verser 150 000 $ en impôts impayés. Francis Langlois, professeur d'histoire et chercheur, fait part à Catherine Perrin de l'histoire et des croyances de ce mouvement informel.

« Ces gens-là sont convaincus que l’État, via la loi, a plus ou moins rendu esclaves les citoyens, qu’il nous cache des choses. Donc, ils peuvent se permettre non seulement de se retirer de ce qu’on pourrait appeler le cadre de la loi, mais aussi de l’attaquer », indique Francis Langlois au sujet du mouvement, né au début du 20e siècle aux États-Unis. « Ce n’est pas pour rien que cette dame fait appel; ces gens-là sont très, très bons pour jouer avec des termes pseudo-légaux, avec la procédure. »

Des formalités transformées en sagas
Le spécialiste prend pour autre exemple une simple demande de permis pour avoir un chien, qui peut, chez un adepte de Freeman on the land, devenir une saga longue de plusieurs mois. « Ils vont remplir le formulaire de façon particulière, et donc, ça va créer des nouvelles procédures qui vont engendrer d’autres procédures. Pour eux, résister à l’État, ça passe par ça. »

Complot en lettres majuscules
Selon Francis Langlois, les tenants de Freemen on the land croient en une théorie du complot particulière au sujet de leur nom : « Lorsque quelqu’un naît, on émet un certificat de naissance sur lequel [le] nom est écrit en majuscules, aux États-Unis et au Canada. Éventuellement, on devient adulte et on a un numéro d’assurance sociale. Sur la carte d’assurance sociale, […] le nom est écrit en majuscules et en minuscules. Le nouveau nom [désigne] une personne fictive au nom de laquelle il y a une dette, de l’argent déposé dans un compte secret. Donc, chaque citoyen a deux personnalités : la vraie, en lettres majuscules, et la fausse. Tout le travail que vous et moi faisons – les amendes, les impôts que l’on paie – sert à nourrir la bête et ne nous représente pas. Ce qui nous représente pour vrai, c’est le premier nom en lettres majuscules. »

Chargement en cours