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Catherine Perrin
Audio fil du lundi 12 mars 2018

La santé des hommes : problématique, même si elle s'améliore

Publié le

Un homme âgé discute avec son jeune médecin.
Le rapport des hommes à leur santé a beaucoup changé au cours des 30 dernières années.   Photo : iStock

Embonpoint, problèmes de sommeil et de santé sexuelle, surcontrôle du poids, problèmes de santé mentale et cancer de la prostate : les jeunes hommes consultent plus souvent qu'avant pour leurs problèmes de santé, mais il reste beaucoup à faire pour qu'ils sachent mieux les prévenir et qu'ils aient le plein contrôle de leur santé. Discussion avec des spécialistes et avec des hommes soucieux de prendre soin d'eux-mêmes.

Nos invités, le psychologue Nicolas Chevrier, l’urgentologue Alain Vadeboncoeur et l’urologue Thierry Lebeau, s’entendent pour affirmer que les nouvelles générations ont un rapport plus proactif à leur santé. Il y a certes encore un peu de vrai dans le cliché voulant que l’homme soit plus insouciant que la femme à cet égard ou qu’il se montre très vulnérable devant son médecin, ne sachant pas interagir avec lui ni prendre en charge sa santé. Tous s’accordent néanmoins pour dire que l’homme québécois de moins de 50 ans est plus conscient de son alimentation, ainsi que de la nécessité de faire du sport et de s’occuper de sa santé globale. Un plus grand nombre d’hommes consulte leur médecin de façon préventive.

Il y a néanmoins de nombreux problèmes : le taux de mortalité des jeunes hommes est deux fois plus élevé que celui des femmes du même âge et leur santé globale est généralement moins bonne que celle de leurs consœurs.

Le sport, le nerf de la guerre
Catherine Perrin reçoit aussi l’animateur Jean-Philippe Wauthier, qui se lance ces jours-ci dans une reconquête de lui-même par le sport : le balado Grand écart documente son processus d’entraînement pour le marathon de Chicago et aborde entre autres les questions de la masculinité et de la performance.

L'animateur Jean-Philippe Wauthier
L'animateur Jean-Philippe Wauthier   Photo : Radio-Canada/Christian Côté

Seule femme à intervenir dans cette heure radiophonique consacrée à la santé des hommes, la kinésiologue Danielle Bouchard évoque un programme néo-brunswickois pour améliorer la forme des amateurs de hockey « bedonnants ». Les chercheurs veulent miser sur la camaraderie et l'esprit de corps des amateurs de hockey pour les amener à suivre un programme d'entraînement physique et de saine nutrition.

La santé mentale de l'homme : pas facile d'assumer sa vulnérabilité

On sait que certains problèmes de santé mentale sont très prévalents chez les hommes, par exemple les troubles d'anxiété, la dépression (avec des symptômes de colère plutôt que des symptômes de tristesse) et les tendances suicidaires. Les signes les plus apparents de ces problèmes sont également très typiquement masculins, selon Nicolas Chevrier : « manifestations de rage, consommation d’alcool et de drogue, évitement par les jeux vidéo, etc. ».

La psychothérapie demande un travail qui est souvent contraire aux valeurs associées à la masculinité. L'homme est socialisé de façon à agir de façon autonome, sans solliciter d’aide. Il a parfois plus de difficulté à baisser sa garde. Il faut, encore en 2018, le convaincre que la psychothérapie fonctionne et qu'elle est aussi pour lui.

Nicolas Chevrier, psychologue et directeur clinique de Services psychologiques Séquoia
Nicolas Chevrier derrière un micro dans le studio de Médium large.
Nicolas Chevrier, psychologue et directeur clinique de Services psychologiques Séquoia Photo : Radio-Canada

Cancer de la prostate : un fléau que la prévention pourrait amoindrir

Un homme sur sept sera atteint d'un cancer de la prostate au cours de sa vie. Selon l'urologue Thierry Lebeau, la communauté médicale s'est un peu fourvoyée dans les années 90 en s'appuyant sur ces statistiques pour lancer une vaste opération de dépistage de la maladie. « Il ne sert à rien de dépister tous les cas, dit-il. Certains sont bénins et ne nécessitent pas d'intervention directe, d'autres ne méritent pas d'être traités vu la progression très lente de cette maladie. » Il aurait fallu en revanche développer de meilleurs réflexes préventifs. On apprenait récemment que le gras saturé favorise l'apparition du cancer de la prostate : il est important de surveiller sa diète.

Vaut mieux prévenir que guérir

L'urgentologue Alain Vadeboncoeur abonde dans le sens de Thierry Lebeau. « Les gens comptent trop sur le dépistage pour se donner bonne conscience au sujet de leur santé et pour cesser d'entretenir un comportement préventif. C'est une erreur. Il faut améliorer sa santé avant que le mal soit fait, dans la mesure du possible. Et il faut penser à adopter très jeune des comportements santé. De nombreux problèmes de santé ne sont détectables que dans leur phase la plus radicale, en fin de vie, même s'ils étaient probablement présents depuis le plus jeune âge. »

Notre système de santé a mis beaucoup trop l'accent sur la médicalisation et sur la médicamentation, plutôt que d'investir dans des mécanismes de prévention. C'est pourtant une clé majeure d'amélioration de la santé des hommes.

Alain Vadeboncieur, urgentologue en chef à l’Institut de cardiologie de Montréal
Alain Vadeboncoeur derrière le micro dans le studio de Médium large.
Alain Vadeboncoeur, urgentologue en chef à l'Institut de cardiologie de Montréal Photo : Radio-Canada

À écouter également :
Les réactions de notre panel d'hommes issus de différents milieux : Jacques Létourneau, président de la CSN, Meeker Guerrier, journaliste sportif à Radio-Canada, Bob le Chef, animateur et cuisinier bien connu, et Émile Roy, youtubeur et réalisateur

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