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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 28 février 2018

Grosse : le surpoids, une expérience universelle

Publié le

Linda Dion et Julie Artacho au micro de Catherine Perrin
Linda Dion et Julie Artacho   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Dans le regard d'autrui et leurs propres jugements, les personnes de taille forte trouvent les arguments pour se convaincre qu'elles ne sont pas des objets de désir et ouvrent ainsi la voie aux comportements autodestructeurs. C'est ce que Lynda Dion raconte dans Grosse, un roman basé sur des dessins réalisés durant sa vingtaine. En compagnie de l'auteure, la photographe Julie Artacho et le journaliste Mickaël Bergeron expliquent à Catherine Perrin que la grossophobie se construit en partie par ses propres réflexions, en partie à cause du manque de modèles positifs.

Pour Lynda Dion, le surpoids est lié aux questions des troubles alimentaires et de dépendance à l’alcool ainsi qu’aux pensées suicidaires. Elle admet qu’elle a eu beaucoup de difficulté à écrire Grosse, même si elle aime parler des tabous. Selon elle, le premier défi d’une femme de taille forte est de pouvoir se considérer elle-même comme le sujet d’une histoire. Cette histoire, elle l’a trouvée grâce à ses dessins, dans lesquels revient un personnage de géante.

« Oui, il y a une détestation du corps, mais là où je me trouve belle, c’est quand je suis dans ma géante, dit-elle. La grosse est une femme qui est trop, et pour moi, être grosse – je l’ai réalisé en écrivant ce livre –, c’est comme si c’était une forme de résistance. Alors, toutes les fois où j’ai perdu du poids, je m’arrangeais pour en reprendre. »

L’ego contre-attaque
« Il y a aussi, pour moi, je pense, la quête de la performance. On est dans un monde où il faut performer à tout prix. J’en viens à me demander si le problème n’est pas aussi mon ego, souligne-t-elle. Pourquoi faudrait-il que je sois belle et parfaite? […] Chez les jeunes, je vois énormément de pression. Il faut se questionner : qu’est-ce que c’est que d’être beau et d’être belle? »

Devenir un objet de désir
« Je sais que je suis belle. Je pense que ce sont les autres qui mettent le doute en moi », déclare Julie Artacho. Elle estime que c’est à force de commentaires tels « on t’aime comme ça » et « t’es belle pour une grosse » que les femmes rondes réalisent qu’elles ne sont pas des objets de désir.

Au-delà des commentaires, elle affirme que c’est davantage le manque de choix de vêtements offerts à sa taille qui lui ont procuré des complexes par le passé. « J’avais l’air d’un bloc », dit-elle, soulignant qu’il existe un bien meilleur choix dans ce domaine aujourd’hui.

Les hommes sous pression
« Oui, les hommes ont ce même problème par rapport à leur corps, mais peut-être que c’est moins dit à cause des pressions sociales. C’est peut-être vécu différemment », croit Mickaël Bergeron. Pour lui, le surpoids est venu avec un instinct autodestructeur : « Comme je ne m’accordais aucune valeur, je ne pensais pas aux conséquences de mes choix. […] C’est un peu ça, la racine [du problème] : qu’est-ce qui fait que je me donne de la valeur et qu’est-ce qui fait que je vais y croire? »

« Les femmes sont en avance sur les hommes », affirme-t-il au sujet d’une meilleure acceptation sociale des corps différents. « Les femmes ont entrepris une discussion que les hommes n’ont pas commencée. »

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