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Stéphan Bureau
Audio fil du mardi 17 octobre 2017

Méditation : là où la science et le bouddhisme se rejoignent

Publié le

Matthieu Ricard et Sonia Lupien au micro d'Isabelle Craig
Matthieu Ricard et Sonia Lupien   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Ils constatent tous deux que la méditation permet d'éloigner les pensées négatives, de modifier sa perception de la réalité et même de transformer sa pensée, mais à partir d'arguments différents. Il est moine bouddhiste vivant dans l'Himalaya depuis 1972, et elle est chercheuse en neurosciences. Matthieu Ricard et Sonia Lupien discutent avec Isabelle Craig des apports complémentaires de la spiritualité et de la science en matière de bien-être.

Laissez passer les pensées comme des oiseaux qui traversent le ciel. Il ne s’agit pas de bloquer les pensées et de faire le vide, ça ne marche pas!

Matthieu Ricard

« Les thérapies comportementales et cognitives sont très proches du bouddhisme, affirme Matthieu Ricard. Dans le sens où elles disent [toutes deux] : "Bon, n’essayons pas de savoir si mon problème vient du fait que ma petite sœur m’a fauché ma tarte à la crème quand j’avais 5 ans, mais qu’est-ce qui se passe maintenant? Qu’est-ce qui me contrarie? Qu’est-ce qui me trouble? Quelles sont les causes qui ont déclenché le fait que depuis un quart d’heure, je suis en train de ruminer, de râler, de me mépriser?" [Il s’agit] de voir si les causes sont réalistes ou, en général, des fabrications de l’esprit, et si on peut libérer ces émotions conflictuelles afflictives à mesure qu’elles se forment. Si vous restez libre intérieurement, voilà, le problème est résolu! Si vous avez une capacité, au moment même où cette colère ou ce ressentiment surgit, vous la laissez disparaître comme un dessin qu’on trace à la surface de l’eau. Vous n’avez pas besoin d’aller développer tout le film de votre petite enfance. Vous êtes parfaitement en charge de votre propre esprit. »

Lorsqu’on fait un acte de compassion, on envoie le message au cerveau qu’il n’y a pas de menace dans l’environnement et l’effet est bénéfique physiologiquement.

Sonia Lupien

Le cerveau, cette pâte à modeler
« J’étudie les effets de l’adversité précoce sur le développement du cerveau depuis 20 ans, dit Sonia Lupien. Ce qu’on montre, c’est que les enfants qui grandissent dans des environnements adverses vont avoir une modification de la trajectoire développementale du cerveau. Le cerveau va "s’adapter", entre guillemets, à ces conditions défavorables. Si le cerveau peut aller du côté négatif, il va aller du côté positif. Ce n’est pas étonnant que lorsqu’on travaille à modifier notre perception du monde, à modifier ce qui arrive autour de soi, on soit capable de modifier son cerveau. »

Matthieu Ricard prononcera une conférence-bénéfice le 18 octobre à la TOHU, à Montréal.

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