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Catherine Perrin
Audio fil du lundi 21 août 2017

Trois semaines de congés minimum : une chance, ou un coût pour le Québec?

Publié le

Bruno Leblanc et Ariane Ollier-Malaterre
Bruno Leblanc et Ariane Ollier-Malaterre   Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Selon Ariane-Ollier Malaterre, professeure en gestion stratégique des ressources humaines de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), la société québécoise aurait beaucoup à gagner si le gouvernement allait de l'avant avec son projet d'imposer un minimum de trois semaines de congés payés. Bruno Leblanc, directeur à la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI), juge plutôt que l'ajout d'une semaine de congés payés aurait un coût néfaste pour la société.

Le Canada, en retard dans l’OCDE
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a récemment annoncé qu’il étudiait l’ajout d’une semaine de congés payés supplémentaire dans la Loi sur les normes du travail au Québec.

Ariane Ollier-Malaterre explique que le Canada est l’un des six pays dans le monde qui n’ont pas plus de deux semaines de vacances obligatoires dans la loi. « En Europe, on a entre cinq et six semaines de vacances par an. C’est un coût que l’on a absorbé graduellement depuis la seconde révolution industrielle. » Elle juge que ces semaines supplémentaires de congés sont positives pour la conciliation travail-famille, la santé mentale des travailleurs et l’engagement citoyen.
Bruno Leblanc ne l’entend pas de cette oreille : « Les vacances, c’est bon pour tout le monde, mais il y a toujours un coût. […] Si l’on parle du système français ou anglais, dans les deux cas, la manifestation de ce coût-là se voit dans un taux de chômage plus élevé. » Selon Ariane-Ollier Malaterre, le haut taux de chômage en France (9,2 % en juin 2017) est plutôt dû à la rigidité du marché de l’emploi dans l’Hexagone.

Des conséquences sur les entreprises
Ariane Ollier-Malaterre pense que trois semaines de vacances ne constituent pas un luxe, mais une nécessité pour faire face aux aléas de la vie : « C’est une question de dignité humaine. » De plus, elle souligne le fait que les employés des grandes entreprises obtiennent plus facilement des congés supplémentaires que ceux des petites entreprises. L’ajout d’une semaine constituerait donc un pas vers plus d’égalité entre les travailleurs.

Avec une troisième semaine de congés payés, Bruno Leblanc entrevoit plutôt des conséquences négatives sur la productivité des employés au travail. Selon lui, cette semaine de congé en plus pour les employés serait un frein à la flexibilité des entreprises, car le coût des vacances supplémentaires empêcherait de nouvelles embauches.

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