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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 18 avril 2017

S’inspirer de Philadelphie pour mieux traiter les plaintes d’agression sexuelle

Publié le

Alexandra Szaçka et Mélanie Sarroino au micro de Catherine Perrin
Alexandra Szaçka et Mélanie Sarroino   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

C'est pour accroître la confiance du public et inciter davantage de victimes à porter plainte que le Service de police de la Ville de Gatineau cherche à s'inspirer du « modèle Philadelphie ». Voilà 17 ans que la ville américaine invite des groupes de défense de victimes pour réviser les dossiers mis de côté par ses policiers et évaluer la qualité des enquêtes. Mariane Leduc, porte-parole du service de police de Gatineau, Mélanie Sarroino, intervenante, et Alexandra Szaçka, journaliste, expliquent à Catherine Perrin comment cette approche pourrait faire baisser la proportion de plaintes rejetées au Canada, qui a atteint 20 % entre 2010 et 2014.

Mariane Leduc prévient qu’un tel modèle n’est pas immédiatement implantable au Canada. « La situation des services de police aux États-Unis et au Canada est très différente », note-t-elle, ajoutant néanmoins que tout est en place dans la région pour faciliter cette approche. « On la chance d’avoir d’excellents organismes qui viennent en aide aux victimes. […] On s’est dit : "Pourquoi ne pas travailler de concert?" »
Le corps policier entend réviser ses pratiques par souci de transparence. « Il faut s’assurer que les victimes ont tout le soutien nécessaire sans subir de pression. Est-ce que l’environnement est adéquat quand on rencontre les victimes? […] Bien qu’on soit à l’aise avec nos procédures, il y a toujours place à l’amélioration. »

Collaboration gagnante
Mélanie Sarroino, agente de liaison pour le Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS), estime que le « modèle Philadelphie » permettrait une meilleure collaboration entre les groupes d’aide et la police en plus d’assurer une formation continue des agents, et même de vérifier si les dossiers ont été mis de côté pour les bonnes raisons. « C’est fantastique, l’initiative [prise] en Outaouais. J’espère que ça va aboutir, dit-elle. On espère que si aboutissement il y a, que ça soit un succès et que ça fasse des petits partout dans la province. »

Rééduquer les policiers
« Ce qui me donne espoir, c’est que l’initiative vient du service de police. Ça, c’est essentiel », souligne Alexandre Szaçka, qui a réalisé un reportage sur le projet pilote. Elle qualifie de « complètement cosmétiques » les mesures annoncées par la Sûreté du Québec pour faire diminuer le nombre de plaintes rejetées et estime que le « modèle Philadelphie » est la voie à suivre. « On regarde exactement quelles questions ont été posées, comment elles ont été posées, est-ce que la trousse médicolégale a été appliquée au bon moment, dans les bonnes conditions… C’est vraiment tous ces détails qui ont fait qu’à Philadelphie, au fil des ans, on a réussi à faire comprendre aux policiers que […] même une femme couchée par terre nue ne peut pas être violée. »

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