Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Catherine Perrin
Audio fil du mardi 14 mai 2019

L’envers de la famille, selon Fanny Britt

Publié le

Fanny Britt au micro de Catherine Perrin.
Fanny Britt   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Les réseaux sociaux et l'illusion de la parfaite « famille Instagram », le souci de performer tout en respectant ses limites, les inégalités dans les tâches domestiques... Cinq ans après Les tranchées, l'auteure et dramaturge revisite les travers de l'idéal familial dans Les retranchées, un nouvel essai dans la même veine que le précédent. Fanny Britt explique à Catherine Perrin pourquoi il faut, pour progresser, accepter une part d'inconfort.

À propos des réseaux sociaux

« J’ai l’impression qu’on n’a plus les moyens, collectivement, de continuer à voir ça de manière ingénue, de manière naïve, à penser que ce n’est qu’un lieu de rassemblement, que ce n’est que du divertissement, du plaisir et de l’évasion. […] Ce que ces [multinationales] font, c’est vraiment de modeler l’époque de manière profonde, et je pense que ce qu’on est en train de se faire à nous-mêmes, c’est d’entrer dans un moule qui sert vraiment à d’autres personnes que nous. »

À propos de la dictature de la performance

« On vit, je pense, dans une exacerbation de la croissance, comme si la croissance était la valeur suprême. Je m’interroge beaucoup sur ce que ça signifie. Je me suis fait prendre là-dedans. […] Je refusais de me voir comme quelqu’un qui avait des limites, parce que c’est ce qu’on nous dit de faire, à tous et à toutes. Choisir consciemment de s’arrêter, de débarquer de cette espèce de manège, c’est très vertigineux, parce que si on n’est plus sur le manège, qui est-on, où est-on et comment existe-t-on? »

Si, dans notre rapport à nous-mêmes, on est constamment dans cette espèce de besoin de croître, de performer, on ne va pas en profondeur dans les sillons. On va juste en largeur et en expansion.

Fanny Britt

À propos de la charge mentale

« Dans ma famille, on vit une situation d’inégalités. Dans la vie domestique, j’en fais plus, c’est clair. C’est comme un état de fait. On en parle ouvertement, c’est lucide, on sait qu’on est dans cette situation et on essaie d’en sortir tranquillement. […] Moi, ce que je demande, c’est qu’on tolère cet inconfort-là; que je [n’aie pas à] justifier mes choix pour me sentir bien. Restons dans cette zone de friction, dans cette zone où ce n’est pas facile, où les réponses ne sont pas faciles. »

Chargement en cours