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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 9 mai 2019

Du sang dans nos cellulaires : le travail des enfants au Congo

Publié le

Des hommes frappent la roche à coups de masse.
Des creuseurs dans une carrière de coltan près de Numbi. Sous la paroi rocheuse, ils trouvent des cailloux de coltan, qu’ils cassent à coups de masse. Des pépites de coltan leur éclatent souvent au visage, causant de graves blessures aux yeux. Ils n’ont aucun équipement de protection.   Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

« Je veux montrer aux enfants, aux adolescents qui marchent pour sauver la planète, qu'il y a ce coût-là pour nos appareils électroniques. » Sophie Langlois présentera, dès lundi, une série de reportages sur le sort préoccupant des très jeunes enfants qui travaillent dans les mines du Congo pour fournir à la planète le coltan, un métal résistant à la corrosion, qui compose les téléphones cellulaires et les ordinateurs portables. Sophie Langlois raconte à Catherine Perrin qu'avec la complicité des politiciens, la richesse naturelle du Congo est devenue une malédiction pour ses habitants.

« C’est officiellement interdit, mais [les enfants] sont encore très présents dans les mines », indique la reporter spécialiste de l’Afrique. « [Ils sont] plus de 40 000 – c’est le chiffre officiel –, mais ils seraient probablement plus de 100 000 enfants – et souvent de petits enfants, de 6, 7 ou 8 ans – qui font un travail très physique, très dur, éreintant, et très, très dangereux. Il en meurt régulièrement. Il n’y a aucune mesure de sécurité dans ces mines-là. […] Il n’y a même pas de lunettes de protection, alors qu’ils cassent à coups de masse les cailloux de coltan. »

C’est très difficile pour nous de les filmer. On sait qu’ils sont là. Les mamans nous disent que leurs enfants vont dans les mines et les inspecteurs nous disent qu’ils voient encore beaucoup d’enfants. Tout le monde le dit, tout le monde les voit, mais quand on arrive […], les enfants sont cachés.

Sophie Langlois

iExploitation

« Les forces rwandaises pillent les ressources congolaises. Ça, tout le monde le sait, mais on les laisse faire, parce que ce sont des milliards qui sont faits sur le dos de ces travailleurs par Apple et Samsung, affirme Sophie Langlois. Il ne faut pas penser qu’on ne pourrait pas changer la situation. »

Terrible contraste

« J’ai vu beaucoup de pauvreté dans ma carrière, beaucoup de misère et beaucoup de souffrance humaine, mais je n’ai jamais vu de village aussi pauvre que les deux villages miniers que j’ai vus dans […] les plus beaux paysages que j’ai vus. C’est ce contraste terrible que nous offre la République démocratique du Congo; un peuple terriblement accueillant et chaleureux, avec une joie de vivre vraiment impressionnante et inspirante, mais qui vit des souffrances. »

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