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Catherine Perrin
Audio fil du vendredi 12 avril 2019

D’abord, il faut de la bienveillance, selon Matthieu Ricard

Publié le

Matthieu Ricard au micro de Catherine Perrin.
Matthieu Ricard   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Pour remédier aux maux du monde, la première étape à accomplir est de faire preuve de bienveillance, estime le moine bouddhiste, interprète français du dalaï-lama depuis 1989. De passage au Québec pour une journée de conférences, de méditation et de musique, Matthieu Ricard explique à Catherine Perrin pourquoi la commercialisation de la méditation ne saurait être une mauvaise chose, et commente le massacre des Rohingyas par de soi-disant bouddhistes en Birmanie.

Auteur du nouveau livre À nous la liberté, Matthieu Ricard estime que l’éducation à la bienveillance doit commencer dès le plus jeune âge. « Les enfants sont des coopérateurs inconditionnels. Ce ne sont pas de petites brutes égoïstes comme on l’a longtemps dit, affirme-t-il. Il faut donner toutes les possibilités, toutes les conditions extérieures, par l’affection et l’environnement social et éducatif, pour que l’enfant puisse utiliser pleinement son potentiel. On a des tendances qui viennent de la génétique, mais c’est quand même très limité. C’est comme un plan pour construire une maison; après, on la construit comme ça ou pas. »

Au fil du temps, pensée après pensée, émotion après émotion, on se construit, d’une certaine façon. Ça peut se transformer en prison mentale, ça peut aussi donner lieu à une libération intérieure.

Matthieu Ricard

Pleine conscience Inc.

À l’heure où même les entreprises prescrivent la méditation à leurs employés, le moine ne craint pas d’effets pervers liés à une possible instrumentalisation de la pratique de la pleine conscience. « C’est inévitable, tout peut être réutilisé à tort et à travers. La bienveillance peut devenir Bisounours, le bonheur peut devenir le bonheur en boîte », observe-t-il.

Au lieu de rendre les employés plus efficaces, la méditation améliore à son avis leurs relations humaines. « Ils ont un meilleur jugement, parce qu’ils voient les choses dans un espace un peu plus vaste », ajoute-t-il.

Contrairement à d’autres religions ou croyances, le bouddhisme cohabite bien avec la science puisqu’il propose une « étude empirique de la souffrance ».

Au lieu d’étudier la réalité extérieure – les lois de la physique, de la biologie –, on étudie les lois du bien-être et de la souffrance, comment devenir un meilleur être humain [et] comment se libérer intérieurement de tout ce qui perpétue la souffrance.

Matthieu Ricard

Le Bouddha aime les Rohingyas

En revanche, il ne conçoit pas que le massacre des Rohingyas en Birmanie, mené par des extrémistes bouddhistes, puisse être commis au nom du bouddhisme. « Il est impossible de trouver dans le bouddhisme ne serait-ce qu’une phrase ambiguë par rapport à la violence, souligne-t-il. Le dalaï-lama a dit : "Quel que soit le but que l’on souhaite atteindre, la violence n’est jamais un moyen justifiable." […] Il a dit : "Si le Bouddha était là aujourd’hui, il viendrait en aide à ces malheureux Rohingyas." »

L’événement Prendre soin de la vie aura lieu le 13 avril à la Maison Symphonique de Montréal.

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