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Survivante du génocide rwandais et adoptée à l’âge adulte

Médium large

Avec Catherine Perrin

Survivante du génocide rwandais et adoptée à l’âge adulte

Audio fil du mercredi 3 avril 2019
Sylvie Dallaire et Irène Nyirawizeye Dallaire au micro de Catherine Perrin.

Sylvie Dallaire et Irène Nyirawizeye Dallaire

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

« J'ai dû courir. J'ai pris mon petit frère sur le dos et j'ai couru. » Irène Nyirawizeye Dallaire avait 8 ans quand des Hutus ont massacré ses parents et une partie de sa famille. Dans le cadre de son travail pour une fondation philanthropique, Sylvie Dallaire a rencontré Irène pendant ses études d'infirmière et a été touchée par son histoire et sa grande fatigue. À l'approche du 25e anniversaire du génocide, Sylvie et Irène racontent à Catherine Perrin comment leur relation a permis de combler certains manques dont Irène a souffert en grandissant sans parents.

« Le seul souvenir que j’ai de ma mère, c’est quand on l’a tuée durant le génocide », évoque Irène, qui raconte son histoire dans le livre L’improbable destin d’Irène, à paraître le 10 avril.

Blocage

« Son dernier regard est mon seul souvenir. On dirait que mon cerveau a juste arrêté là. Le reste, avant, je l’ai juste évité », poursuit-elle, ajoutant qu’elle conserve au contraire beaucoup de souvenirs de son père. « La différence est que mon père, je l’ai vu partir. Ils revenaient pour le tuer. On m’a raconté comment il est décédé, mais je ne l’ai pas vu. Ma mère et le reste de ma famille, je les ai vus [se faire tuer]. Ce sont les trois personnes dont j’ai beaucoup de difficulté à parler, au point où Sylvie m’a dit : "Ta mère, elle n’était pas là?" […] Elle a compris que j’avais un blocage. »

Du coup de foudre à la visite chez le notaire

« Quand j’ai rencontré Irène, j’ai eu un coup de foudre. Sa personnalité, sa beauté d’âme, sa bonté… Notre relation s‘est développée au fil du temps », explique Sylvie Dallaire, qui n’a pas de lien de parenté avec l’ancien militaire Roméo Dallaire.

Elle poursuit : « Les Rwandais ont le besoin de donner un titre à une relation. […] On a opté pour le terme "marraine". À un moment donné, elle me dit : "Tu n’es plus juste ma marraine." Je dis : "Non, je suis vraiment ta mère." C’est vraiment devenu une relation mère-fille. Dans ce cheminement-là, je m’inquiétais, à savoir : "Si je meurs demain, qu’est-ce qui va arriver à Irène?" Je suis allée voir mes conseillers, je voulais qu’elle ait une sécurité financière sur mon testament. »

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