Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Catherine Perrin
Audio fil du mardi 26 mars 2019

Immobilier : les avantages méconnus de la capitalisation partagée

Publié le

Marie-Sophie Banville au micro de Catherine Perrin.
Marie-Sophie Banville   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Et si, pour faciliter l'accès à la propriété, on finançait les bâtiments au lieu des individus? Selon Marie-Sophie Banville, la propriété à capitalisation partagée, qui consiste à financer une mise de fonds à 20 % et à laisser les ménages s'occuper de l'hypothèque à 80 %, représente un meilleur modèle que celui que propose le nouveau budget fédéral. Ce dernier prévoit un financement à 10 % du prix d'acquisition d'une propriété par la Société canadienne d'hypothèques et de logement. La responsable du développement à Vivacité société immobilière solidaire explique à Catherine Perrin que la propriété à capitalisation partagée permet de contrer la spéculation.

« Lorsqu’ils veulent revendre, [les propriétaires] gardent tout ce qu’ils ont payé sur leur hypothèque, bien sûr, mais on partage une partie de la plus-value – l’appréciation de la valeur marchande [de la propriété] – pour la réinvestir dans cette propriété-là, et la passer au suivant », dit Anne-Sophie Banville à propos du système qu’elle préconise.

Selon elle, la propriété à capitalisation partagée permettrait de constituer un parc immobilier abordable et de conserver une mixité sociale dans des milieux autrement sujets à l’embourgeoisement.

Pour les gens de ma génération, l’idée de devenir propriétaire, de mettre une mise de fonds de côté, c’est un deuil qu’on a fait depuis longtemps. C’est inabordable.

Anne-Sophie Banville

Briser le cercle vicieux

À l’inverse, les modes actuels de financement perpétuent un cercle vicieux, estime la spécialiste : « Dans Hochelaga-Maisonneuve, par exemple, on construit 200 nouveaux condos. Avec l’aide publique, on aide les ménages qui font entre 60 000 $ et 80 000 $ par année à devenir propriétaires dans un programme spécial. Au bout de 5 à 7 ans – c’est à peu près la moyenne de rétention chez les premiers acheteurs –, ces gens-là vendent et partent; aucun mécanisme n’a été mis en place pour garantir que ces propriétés-là demeurent abordables. »

Elle poursuit : « Alors, qu’est-ce qui se passe dans Hochelaga-Maisonneuve? Les gens qui faisaient entre 60 000 $ et 80 000 $ partent. […] Ce sont des gens qui font 120 000 $ et plus qui viennent prendre leur place. Donc, la mixité sociale qu’on a voulu créer à la base s’érode au bout de cinq à sept ans. Il faut recommencer avec plus d’argent public, encore une fois. »

Chargement en cours