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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 7 mars 2019

Ressentir les séquelles d’une agression par un prêtre, 54 ans plus tard

Publié le

France Bédard au micro d'Isabelle Craig.
France Bédard   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

France Bédard raconte avoir été violée en 1965 par le prêtre Armand Therrien, avec qui elle aurait eu une liaison, alors qu'elle n'avait que 17 ans et travaillait dans un presbytère. Contre le gré du vicaire et de sa propre famille, elle a mené l'enfant à terme avant de le donner en adoption. France Bédard, 71 ans, parle des sentiments de culpabilité et de manque qu'elle a ressentis à la suite de cette agression, et de son impression d'avoir été trahie par l'Église.

« Un matin, le curé réalise qu’il y a des lumières qui sont restées [allumées], raconte France Bédard. Il me dit : "Le soir, il faudrait faire une tournée et éteindre les lumières." Un soir où j’avais oublié [de le faire], […] j’ai mis ma grosse robe de chambre et j’ai fait le tour. C’est à ce moment-là que le vicaire Armand Therrien m’attendait. Quand j’ai passé ma main pour fermer la lumière de sa chambre, il a attrapé ma main, puis il m’a projetée sur le lit. Il a mis sa main sur ma bouche en disant : "Si tu cries, le curé va être au courant." »

Je voyais ce qui était pour se passer; j’ai dit : "Non, monsieur le vicaire, je ne veux pas. J’ai 17 ans, je n’ai jamais connu un homme." C’est là qu’il m’a dit : "C’est à soir que tu vas savoir c’est quoi, un homme."

France Bédard

Ni justice, ni écoute, ni compassion

Dans la foulée du sommet du Vatican sur la protection des mineurs et des adultes vulnérables, en février, la fondatrice de l’Association des victimes de prêtres réagit cyniquement aux déclarations officielles de l’Église saluant le courage des victimes.

Lorsqu’elle a intenté une poursuite contre le diocèse d’Armand Therrien, dans les années 2000 (après une poursuite criminelle avortée en raison du décès de l’accusé), elle a été déboutée en raison du délai de prescription. Elle déplore n’avoir reçu ni écoute ni compassion de l’archevêché de Québec.

« J’avais une extrême confiance en [l’ancien archevêque de Québec] Marc Ouellet, dit-elle. J’ai été trahie au plus haut point. »

En 2008, France Bédard a apostasié : « C’était urgent. C’était le plus beau cadeau que je pouvais me faire. »

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