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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 21 février 2019

Ce qu’il faut retenir d’un déluge de commentaires haineux à propos d’un incendie

Publié le

Maison incendiée de la famille Barho, à Halifax.
Un incendie a décimé sept membres de la famille Barho, à Halifax.   Photo : CBC/Robert Short

La page Facebook de TVA nouvelles a retiré une publication portant sur un incendie à Halifax qui a décimé sept membres d'une même famille de réfugiés syriens. La publication avait attiré une poignée de commentaires islamophobes et racistes louant la tragédie, mais aussi les foudres du public en raison du manque de modération dans les commentaires de la page. Rachida Azdouz, psychologue spécialiste des relations interculturelles, explique à Catherine Perrin que cet épisode démontre que rien n'est jamais acquis en matière de lutte contre le racisme.

Selon Rachida Azdouz, il s’agit d’une démonstration parfaite de racisme primaire, et non d’un racisme systémique. « L’autre est complètement déshumanisé, dit-elle. Comme on l’a complètement dépossédé de son humanité, eh bien, il ne mérite pas notre empathie, même quand il vit une situation tragique. »

Recette pour construire un mythe

La spécialiste estime que la tragédie de la famille Barho réunissait tous les ingrédients pour attiser la haine auprès d’une part du public désinformée, et démontre bien comment se construit le mythe du « réfugié envahisseur ». « Ce sont des réfugiés, donc, ils peuvent potentiellement abuser de notre hospitalité, souligne-t-elle. Ils sont nombreux – sept enfants – donc, ça accrédite la thèse de l’invasion. Ils ont une belle maison […], donc, ils vivent mieux que nous, alors que nous les avons accueillis. Et ils sont musulmans, donc, ils sont menaçants et dangereux, potentiellement. Le drame qu’ils vivent est donc un soulagement pour nous. »

« Dans les faits, ces personnes sont parrainées par une communauté religieuse, donc, elles ne coûtent pas grand-chose au système », rappelle Mme Azdouz.

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