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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 10 octobre 2018

Verre consigné : la lenteur désespérante du Québec et du Manitoba

Publié le

Des bouteilles de vin alignées sur une étagère.
Au Québec, seulement 14 % du verre généré par les ménages est recyclé.   Photo : Radio-Canada / CBC

Alors que l'Alberta consigne presque tous les contenants de boissons, du verre au plastique en passant par le Tétra Pak, le Québec et le Manitoba ne le font toujours que pour une infime partie des matières utilisées à la vente de ces produits. Au Québec, cela limite à 14 % la quantité de verre généré par les ménages qui puisse être recyclé; et encore, en un verre de mauvaise qualité. Le chroniqueur Frédéric Choinière parle à Catherine Perrin des avantages environnementaux, économiques et sociaux dont ces provinces se privent en envoyant leur verre au dépotoir.

Frédéric Choinière précise qu’en l’absence d’un plan de consigne pour les bouteilles de vin, le verre vendu par la SAQ – soit 80 % du verre mis dans les contenants de collecte sélective – se brise avant de pouvoir être recyclé. Ainsi, les couleurs de verre se mêlent et rendent la matière inutilisable.

Verre mal recyclé, verre ruiné

« Le verre mêlé a une valeur négative : il faut payer pour s’en débarrasser, précise le chroniqueur. Alors que du verre séparé par couleurs a une valeur positive – on parle de 100 $ la tonne. Ça veut dire qu’il peut être recyclé localement, à l’intérieur de nos frontières. En Alberta, le verre est vraiment géré par couleurs, séparément. Presque toutes les provinces font ça. L’Ontario a emboîté le pas en 2007 en acceptant les bouteilles de vin qui sont récupérées dans les beer stores. »

Du verre d’ailleurs pour les entreprises d’ici

Au Québec, une entreprise comme Owen-Illinois doit ainsi importer son verre de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et des États-Unis pour fabriquer ses contenants. « On nous dit : "Continuez de mettre le verre dans le bac, c’est le bon geste à faire", mais on sait qu’en fin de compte, il s’accumule dans les sites d’enfouissement ou chez les conditionneurs, déplore Frédéric Choinière. Il contamine le plastique, il contamine le papier. Notre modèle de recyclage, au Québec, était un modèle où l’on exportait les matières [comme le verre]. La Chine a dit, il y a quelques mois : "On veut des matières de meilleure qualité." Et là, on est vraiment pris avec. Ça me met hors de moi comme citoyen. »

Fin de vie prématurée

Frédéric Choinière souligne qu’au lieu de consigner ses bouteilles, la SAQ finance les programmes de collecte sélective et d’innovation. Les gouvernements qui se sont succédé depuis 20 ans ont refusé de statuer. « Pour l’instant, on investit des millions dans de nouvelles machines qui vont nous permettre de séparer le verre brisé, indique-t-il. On a des projets pour mettre du verre dans le béton, ce qui permet de réduire l’empreinte [écologique] du béton, mais ce n’est pas un recyclage du verre, c’est une fin de vie, alors qu’on peut recycler le verre à l’infini. »

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