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Les leçons non apprises de la crise économique de 2008

Médium large

Avec Catherine Perrin

Les leçons non apprises de la crise économique de 2008

Audio fil du mercredi 5 septembre 2018
Une maison de Miami saisie dans la foulée de la crise économique de 2008.

Des milliers de demeures ont été saisies dans la foulées de la crise économique américaine de 2008.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

La pire crise financière depuis 1929 a démontré que le ruissellement de la richesse ne fonctionne pas et que les indicateurs financiers sont trompeurs, selon Diane Bérard et Jean-Pierre Ouellet. La réglementation insuffisante adoptée depuis a alimenté une fausse reprise qui ne favorise que les plus riches, occultant des inégalités grandissantes et le pouvoir d'achat affaibli des travailleurs. Au micro de Catherine Perrin, la chroniqueuse économique et l'avocat d'affaires examinent le mécanisme qui a mené à la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers, le 15 septembre 2008.

« Le ratio d’endettement de Lehman Brothers était de 30 pour 1, c’est-à-dire qu’il y avait 30 $ de dettes pour 1 $ de fonds propres, et [elle] refinançait ça sur des périodes très courtes, souvent 30 jours, explique Jean-Pierre Ouellet. À un moment donné, les prêteurs potentiels ont dit : "Non, on ne [lui] fait plus confiance." »

Une protection essentielle retirée

L’ancien associé chez Stikeman raconte qu’à la suite du krach de 1929, le Congrès américain a adopté la loi Glass-Steagall, qui empêchait les institutions financières recevant des dépôts d’avoir des activités de courtage. Les maisons de courtage qui spéculaient sur les marchés ne pouvaient pas, non plus, prendre des dépôts. « Elle a été abrogée, dit M. Ouellet. Quand M. Reagan est arrivé au pouvoir aux États-Unis et Mme Thatcher en Angleterre – deux fervents croyants de l’école Milton Friedman du néolibéralisme, où "il faut enlever la réglementation" –, les lobbys financiers ont fait du lobby. Finalement, c’est sous Clinton que Glass-Steagall a été abrogée. C’est ce qui a permis la création d’institutions financières gigantesques, Citigroup en étant un exemple. »

Il faut réformer le capitalisme, mais il faut réformer la nature humaine, aussi.

Diane Bérard

« Elles sont devenues tellement grosses que les laisser s’écrouler [aurait entraîné] trop d’effets domino. Alors, elles ont été protégées par le fameux [principe] Too Big To Fail [trop gros pour échouer], poursuit Diane Bérard. Comme pour toutes les grosses entreprises qui sont devenues des États dans l’État, on a dit qu’on ne pouvait pas la laisser couler, il faut la subventionner, parce qu’elle est trop grosse et si elle échoue, ça va faire trop de mal. [Ces institutions] se sont campées dans cette position et c’est ce qui les a protégées et qui a permis de les sauver. »

Un pays à découvert

« Ce qui arrive, si on ramène l’histoire à aujourd’hui, est que [les] reprises de maisons ont été faites par des fonds d’investissement qui, aujourd’hui, les louent à tous ces gens qui n’ont plus les moyens d’être propriétaires, indique Diane Bérard. Le taux de propriété a juste recommencé à augmenter en 2017. […] Le taux d’épargne personnelle des Américains est de 2,4 %. Il n’a jamais été aussi bas depuis les années 1960. Donc, ça veut dire que les Américains n’arrivent pas à mettre de l’argent de côté pour les situations difficiles qui pourraient survenir. »

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