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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 7 août 2018

Regretter d'être devenue mère, un sujet tabou qui touche beaucoup de femmes

Publié le

Une femme se réveille la nuit pour s'occuper de son bébé.
Le fait de regretter d'être devenue mère est encore un sujet très tabou.   Photo : iStock

Le phénomène des mères qui regrettent de façon permanente d'avoir eu un enfant est encore très tabou, note la psychiatre Marie-Ève Cotton, mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une réalité qui concerne de nombreuses femmes. Elle cite une étude israélienne menée auprès de 23 mères, âgées de 26 ans à 73 ans, dans laquelle on en apprend davantage sur la souffrance, l'isolement et la stigmatisation des femmes qui disent regretter d'avoir eu un ou des enfants.

Dans cette étude qualitative parue en 2016 et intitulée Regretting Motherhood: A Study, la chercheuse Orna Donath obtient un non catégorique des 23 femmes à qui elle pose la question suivante : si vous pouviez revenir en arrière, avec la connaissance et l’expérience que vous avez aujourd’hui, seriez-vous mère?

Les propos recueillis par l’Israélienne sont très éloquents et illustrent l’ampleur de la souffrance que vivent les femmes interrogées, dit Marie-Ève Cotton. « Ce sont des témoignages extrêmement chargés émotivement. Pour plusieurs femmes, c’était la première fois qu’elles osaient en parler », explique la psychiatre.

Parmi les aspects de la maternité décrits comme étant les plus pénibles, les femmes interrogées mentionnent la perte de leur liberté, le sentiment d’enfermement, la lourdeur de s’inquiéter perpétuellement, l’ennui et l'asservissement, entre autres.

Même si toutes les femmes interrogées disent aimer leur enfant et reconnaissent des points positifs à la maternité, les points négatifs l’emportent largement dans les témoignages recueillis par Orna Donath.

Selon Marie-Ève Cotton, cette étude montre à quel point il est très difficile pour une femme qui regrette d’avoir eu un enfant d’en parler à son entourage, car bien souvent, ce dernier minimise son malheur ou refuse de croire que cela est possible.

L’idée que d’être une mère, même si cela est difficile, est la chose la plus merveilleuse qui peut arriver à une femme est très ancrée dans les mentalités. « Il y a une réticence populaire à accepter l’idée que toutes les femmes ne vivent pas la maternité de la même façon », observe la psychiatre.

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