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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 24 juillet 2018

Les fausses allégations d’agression sexuelle sont plus rares qu’on le croit

Publié le

Une femme tenant une affiche où il ai écrit #metoo.
Les mouvements #metoo et #moiaussi ont contribué à la hausse des cas d'agressions sexuelles rapportés à la police en 2017.   Photo : Pixabay

De toutes les agressions sexuelles non punies par la loi, 1 sur 165, dans les cas rapportés, constituerait une fausse allégation. En contrepartie, seulement 1 % des agressions sexuelles sont sanctionnées. Selon Marie-Ève Cotton, ces statistiques contredisent la croyance populaire voulant que les fausses allégations d'agression sexuelle soient un « fléau social ». La psychiatre explique à Stéphan Bureau comment distinguer les bonnes statistiques des fausses, et pourquoi les réseaux sociaux sont perçus comme un espace sécuritaire pour parler de ces crimes.

La spécialiste révèle que certaines statistiques font état de 90 % d’accusations mensongères en matière d’agressions sexuelles. Selon elle, de tels chiffres ne reposent sur « aucune science ». « C’est très important de consulter les sources et les méthodologies de recherche pour discriminer le niveau de rigueur de ce qu’on lit, dit-elle. Un des aspects importants à regarder, c’est ce que l’étude définit comme une fausse allégation. Dans les études qui arrivent à de très hauts pourcentages, on a souvent inclus les cas où l’enquête de la police n’a pas permis de monter une preuve suffisante pour porter des accusations en cour. »

Scepticisme dommageable
Elle souligne également que 60 % des victimes d’agression sexuelle reçues dans les centres d’aide rapportent qu’elles n’ont pas été crues lors de leur premier dévoilement, et qu’un tel scepticisme accroît les risques de syndrome de stress post-traumatique, de dépression majeure, de tentatives de suicide et d’abus de substances, entre autres.

« Un cas de fausse allégation est bien sûr catastrophique pour la personne [visée], note Marie-Ève Cotton. Le problème est que les perceptions populaires [des agressions sexuelles] ne correspondent pas nécessairement aux chiffres, pour plusieurs raisons. D’abord, les histoires de fausses allégations d’agression sexuelle sont en général beaucoup plus médiatisées que tous les cas où des agressions sexuelles finissent non punies, et elles le sont parfois de façon sensationnaliste. […] D’autre part, il existe un scepticisme populaire de longue date, par rapport aux agressions sexuelles, qui est très ancré. »


Il est également question du livre Violences sexuelles : les 40 questions-réponses incontournables, de Muriel Salmona.

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