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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 21 juin 2018

SLĀV : la résilience à travers les chants d'esclaves arrachés à l'Afrique

Publié le

Une affiche de la pièce SLĀV
L'affiche de la pièce présentée au Théâtre du Nouveau Monde.   Photo : Facebook

« Chanter la douleur, ça soulage la douleur. » Voilà les mots employés par la chanteuse Betty Bonifassi pour décrire la pièce de théâtre SLĀV, qui raconte, à travers des chants traditionnels provenant des années 1930, l'odyssée d'esclaves afro-américains arrachés au continent africain. « Ces chants transportent énormément d'émotion », dit la chanteuse, qui sera entourée de six choristes dans cette mise en scène de Robert Lepage présentée à partir du 26 juin au Théâtre du Nouveau Monde (TNM) lors du Festival international de jazz de Montréal.

« Ça fait 20 ans que je veux faire ce projet-là », lance l’auteure-compositrice-interprète à propos de SLĀV, qui est une adaptation scénique de ses albums Chants d’esclaves, chants d’espoir et Lomax.

L'œuvre propose une incursion dans cet univers qui a été documenté par l'ethnomusicologue John Lomax et son fils, Alan, dans les années 1930 aux États-Unis. Ils se sont rendus dans des pénitenciers où ils ont recueilli des chants de prisonniers noirs, mais ils ont également enregistré des travailleurs noirs dans des plantations de comtés ruraux du Sud.

Garder dans la mémoire l’histoire de ce peuple africain, déporté ici contre son gré pour construire nos continents sur lesquels nous sommes aujourd’hui, ça nous permet de garder cette histoire présente, de ne pas oublier quel a été le destin de ces gens-là et, évidemment, de ne pas recommencer ces schémas de pouvoir.

Betty Bonifassi, auteure-compositrice-interprète

Appropriation culturelle?

Avant même que le projet ne soit présenté, des voix se sont élevées pour dénoncer la pièce de Betty Bonifassi et de Robert Lepage, qui représente un acte d’appropriation culturelle, selon ces critiques. Le fait que des Blancs racontent la douleur vécue par les Noirs ne passe pas.

« Du moment que Robert Lepage s’est intéressé à mon idée de résilience par l’art vocal, […] j’ai subi un contrecoup immédiat dans l’agressivité. Je n’ai pas compris et je ne comprends pas », se désole Betty Bonifassi.

Selon elle, il y a quelque chose de « très beau » dans ce projet de « thérapie de l’humanité » et dans le fait qu’une femme, qui n’a absolument aucune attache avec le peuple noir, veuille tout de même parler de son triste destin et de ce qui lui est arrivé.

Je le fais avec grand savoir, parce que ça fait 20 ans que je travaille fort pour être sure de bien des choses, et je le fais avec beaucoup de cœur.

Betty Bonifassi, auteure-compositrice-interprète

SLĀV sera présentée en première au TNM lors du Festival international de jazz de Montréal, du 26 juin au 14 juillet.

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