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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 12 juin 2018

La détresse psychologique, un fléau chez les vétérinaires

Publié le

Un vétérinaire tient un petit chien dans ses mains.
Il n’est pas rare que les vétérinaires travaillent 80 heures par semaine.   Photo : iStock

« Les vétérinaires vivent un certain isolement. [...] Ils sont très bien formés pour sauver les animaux, pour en prendre soin, mais ils sont peu formés pour prendre soin d'eux-mêmes », dit Anne-Marie Lamothe, psychologue à l'Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux (AMVQ). La grande charge de travail et le contact fréquent avec la mort, par l'entremise de l'euthanasie, minent leur moral. Catherine Perrin parle avec trois vétérinaires de la triste réalité associée à la profession, où il y aurait trois fois plus de suicides que dans la population québécoise.

« C’est sûr que d’être devant la mort de façon répétée, c’est quelque chose. […] Les vétérinaires sont confrontés à cette mort. Donc, ça va augmenter le stress, l’anxiété », explique Anne-Marie Lamothe, auteure d’une thèse sur le deuil chez les vétérinaires.

Mal préparés à affronter les crises

La psychologue estime que les vétérinaires manquent de formation pour gérer les crises dont ils sont souvent témoins de la part de propriétaires d’animaux.

Lucie Hénault, vétérinaire depuis 18 ans, partage entièrement ce point de vue. « On est moins formés pour faire face à la réalité émotive, à la charge émotive que vont vivre nos clients en consultation », corrobore-t-elle.

Le son de cloche est le même du côté de Michel Pepin, vétérinaire et directeur des communications de l’AMVQ. « Il y a beaucoup de pression de la part des propriétaires », dit-il.

Le sentiment d’impuissance que les vétérinaires peuvent ressentir tous les jours joue également un rôle dans leur détresse psychologique.

On est vraiment super bien formés pour traiter l’animal. On veut le sauver. C’est notre raison d’être, c’est la raison pour laquelle on exerce la profession, mais finalement, on n’a pas toujours les moyens de le sauver. […] Il y a plusieurs cas où on sait qu’on pourrait aider l’animal, et ça finit en euthanasie. Et c’est très lourd à la fin d’une journée, à la fin d’une année, d’avoir euthanasié des animaux qu’on aurait pu sauver.

Lucie Hénault, vétérinaire

Des solutions

Heureusement, des initiatives ont été mises en place au cours des dernières années afin de venir en aide aux vétérinaires.

L'une d'entre elles, lancée par le vétérinaire Maxime Meunier, se nomme VetRéseau. Il s'agit d'un groupe de professionnels en santé animale dont les membres acceptent de partager un peu de leur temps avec des cliniques vétérinaires qui ont besoin d'aide.

Une autre de ces ressources se nomme Passionimo. On parle ici d'un groupe de vétérinaires propriétaires de clinique qui choisissent d'exercer leur profession sous une même enseigne. « On met nos ressources en commun pour que nos efforts soient mieux répartis, pour briser l’isolement, pour mieux communiquer ensemble, pour échanger sur nos problèmes », explique Lucie Hénault, dont la clinique fait partie de Passionimo.

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