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Formation antiracisme : Starbucks, un peu trop rapide sur la gâchette

Médium large

Avec Catherine Perrin

Formation antiracisme : Starbucks, un peu trop rapide sur la gâchette

Audio fil du lundi 11 juin 2018
L'enseigne de l'entreprise Starbucks

Le logo de l'entreprise Starbucks

Photo : Associated Press / Richard Drew

« La réponse est un peu exagérée par rapport à l'événement », dit le sociologue Frédéric Boisrond à propos de la décision de l'entreprise Starbucks de donner, aux États-Unis comme au Canada, une formation d'une demi-journée contre le racisme et la discrimination à ses employés, deux mois après que deux Noirs eurent été arrêtés sans raison valable dans un café de Philadelphie. La réaction de Starbucks laisse entrevoir qu'elle n'a pas de plan pour lutter contre le racisme, alors que l'entreprise dispose pourtant d'un excellent programme, affirme Frédéric Boisrond.

« En réalité, […] Starbucks a l'un des programmes sur la diversité les plus intéressants qui existent déjà. J’ai regardé le programme de Starbucks et il est comparable à celui de Burger King, et Burger King est probablement l’entreprise américaine qui est reconnue pour avoir le meilleur programme sur la diversité », note Frédéric Boisrond.

Je trouve étonnant que l’entreprise [Starbucks] n’ait pas dit : "Nous avons un programme sur la diversité, et il est complet".

Frédéric Boisrond, sociologue

Daniel Weinstock, professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université McGill, abonde dans le même sens. Il s’interroge aussi sur la portée d’une telle formation.

« C'est la question de savoir si ce genre de mesure peut vraiment régler quoi que ce soit. Il y a beaucoup d’études qui ont tendance à démontrer que ce sont des formations qui vont rester un peu dans les esprits des gens, un ou deux jours, mais qui vont très vite se dissiper », fait-il remarquer.

Selon Daniel Weinstock, les formations que propose l’entreprise Starbucks à ses employés, aussi valables soient-elles, peuvent difficilement masquer le problème fondamental du racisme systémique aux États-Unis.

Il y a énormément de choses en amont dans la société américaine […] qui doivent être présentes pour qu’une jeune femme, qui travaille dans un Starbucks, se dise devant deux Noirs qui prennent place dans son café : "Oh! Il y a un problème", plutôt que de voir là quelque chose de tout à fait innocent.

Daniel Weinstock, professeur titulaire à la Faculté de droit de l'Université McGill

Le professeur à la Faculté de droit de l’Université McGill est d’avis qu’une demi-journée de formation ne peut, à elle seule, s’attaquer aux causes profondes du racisme en Amérique du Nord. « Je pense qu’il y a quelque chose de naïf et de bon enfant de penser qu’on va réussir à s’attaquer à ces forces, qui structurent profondément les attitudes des gens. »

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