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L’économie circulaire : la production axée sur la réutilisation

Médium large

Avec Catherine Perrin

L’économie circulaire : la production axée sur la réutilisation

Audio fil du mercredi 21 mars 2018
Les pleurotes cultivées sur du marc de café de l'entreprise montréalaise Blanc de gris.

L'entreprise montréalaise Blanc de gris, qui cultive des champignons élevés sur du marc de café, est un bon exemple d'économie circulaire, selon Diane Bérard.

Photo : facebook.com/blancdegris.champignonsfrais/

Une entreprise qui dissout le polystyrène pour en faire des carburants verts, une autre qui cultive des pleurotes à même le marc de café... Voilà de bons exemples d'économie circulaire, un système de production, d'échanges et de consommation visant à optimiser l'utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de la vie d'un bien ou d'un service. Diane Bérard, chroniqueuse économique, et Éric Pineault, économiste, mettent en lumière les promesses et les limites d'une telle avenue, à une époque où le recyclage n'a pas empêché l'augmentation de la production de plastique.

« C’est génial, parce que les gens qui vous fournissent la matière première pour travailler deviennent vos clients, indique Diane Bérard. Au lieu de fabriquer des produits à partir de ressources, nous produisons des ressources à partir de produits. »

Une culture déjà adoptée
Certaines pratiques récentes telles l’écoconception (fabriquer un produit avec des pièces réparables), l’économie de fonctionnalité (vendre un usage au lieu de vendre un produit) et l’économie collaborative (à ne pas confondre avec l’économie de plateforme comme Airbnb, dont seulement quelques personnes profitent réellement) entrent dans l’économie circulaire.

La décroissance malgré tout
Un tel système requiert toutefois un changement des mentalités et des modèles d’affaires, selon Diane Bérard. « Ce n’est pas un retour aux 30 glorieuses, ce n’est pas un retour à la pleine croissance, souligne-t-elle. La croissance économique diminue [dans l’économie circulaire]. C’est ce dont les gens n’aiment pas parler. Une partie des défenseurs de l’économie circulaire y voient une bouée de sauvetage, un retour à la croissance qu’on a déjà connue, et ce n’est pas ça. Objectivement, on parle de diminuer la consommation, de diminuer l’utilisation des produits, d’allonger leur durée de vie. »

Plus de succès, moins de profit
Éric Pineault évoque le risque de ce que les économistes appellent l’effet de composition : « Ce qui peut être bon pour chaque petit producteur, dans une économie de marché, peut punir la collectivité [sur le plan] global. Si tout le monde baisse les salaires, chacun va penser faire plus de profit, mais l’effet global, c’est que les gens qui ont des salaires vont moins consommer parce que leurs revenus vont baisser. Donc, les profits des entreprises vont baisser. »

Il renchérit : « On a des stratégies de niche hyper intéressantes, qui vont développer des technologies utiles pour [arriver à] une société vraiment écologique. Le problème, c’est que le modèle de croissance sur lequel est bâti à la fois le profit et les modèles de plein emploi est incompatible [avec l’économie circulaire]. »

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