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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 7 mars 2018

Non, le cannabis ne rendra pas le Canada riche

Publié le

Des plants de cannabis dans une serre.
Des plants de cannabis dans une serre   Photo : The Associated Press / Eric Engman

« Beaucoup d'argent va se gagner, beaucoup d'argent va se perdre. » Selon Éric Pineault et Diane Bérard, le commerce du cannabis formera une bulle, dont les retombées – baisse des prix en raison de la légalisation, pourcentage élevé des ventes conservées par le marché noir, coûts de production élevés, concentration du marché, coût environnemental – devraient restreindre les gains. L'économiste et la chroniqueuse économique expliquent à Catherine Perrin que le Canada pourra tout de même compter sur la création d'emplois.

« La saturation arrivera en 2020, au Colorado. […] On ne parle pas d’une croissance sur 25 ans », déplore Diane Bérard, qui entrevoit une concentration du marché entre les mains de l’industrie du tabac et de l’industrie pharmaceutique.

« Ça va être un secteur économique émergent qui va connaître un taux de croissance, si l'on se fie à l’exemple du Colorado, immense, parce que les deux ou trois premières années, on mange le marché noir, prévoit Éric Pineault. Après, on a quand même une croissance séculaire "organique" de 6 %. »

Comme les banques refusent actuellement de financer les nouvelles entreprises de l’industrie du cannabis en raison de l’illégalité du produit, les petites et moyennes entreprises sont d’ores et déjà exclues de la course, selon nos invités, mais cela limite aussi les prédictions.

Industrie énergivore
Diane Bérard croit qu’il faut s’attendre à un coût environnemental élevé. « Toutes les études économiques commencent avec la même mise en garde : les externalités n’ont jamais été comptabilisées. Les externalités, c’est l’effet de la production. Ce qui est fascinant, c’est que les deux industries émergentes du moment, le bitcoin et le cannabis, sont des industries extrêmement énergivores, et qui sont souscrites aux lois ou aux règles. On dit à tout le reste de l’activité économique : vous devez réduire votre empreinte environnementale, mais c’est le Far West quand il s’agit de l’industrie du cannabis et de l’industrie du bitcoin. »

Effet stimulant
Éric Pineault tempère le pessimisme de sa collègue : « Je dirais quand même qu’au Canada, réduire le marché noir […] aurait des effets sociaux importants en termes de réduction de la criminalité. » Il croit également en l’effet des investissements dans l’industrie du cannabis sur l’économie canadienne générale : « Au Colorado, l’effet multiplicateur […] est en moyenne de 1,24 $ pour chaque dollar dépensé en consommation, avec l’hypothèse qu’on ne peut pas consommer au Colorado du pot qui ne pousse pas au Colorado. C’est une économie fermée. »

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