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Comment le modèle Amazon détraque l’économie

Médium large

Avec Catherine Perrin

Comment le modèle Amazon détraque l’économie

Audio fil du mercredi 13 septembre 2017
Un bout d'emballage en carton avec un grand logo d'Amazon imprimé dessus

Une boîte de livraison d'Amazon

Photo : Reuters

En forçant, par son succès, d'autres chaînes à adopter un modèle basé sur la dématérialisation et la dépersonnalisation du commerce au détail, Amazon  (Nouvelle fenêtre)a brisé le lien entre l'inflation et le chômage qui régissait l'économie. En plus de perturber les prévisions, cette domination empêche les travailleurs d'aller chercher leur part de richesse. Diane Bérard, chroniqueuse économique, et Éric Pineault, économiste, expliquent à Catherine Perrin comment Amazon a provoqué une tempête en faisant gonfler la valeur de ses actions sans pour autant démontrer de rentabilité réelle.

Selon Diane Bérard, l’« amazonification » de l’économie est le résultat de trois facteurs réunis : l’énorme pouvoir d’achat d’une seule et même entreprise, son recours total à la technologie ainsi qu’une combinaison d’avantages fiscaux. Ce modèle amène les consommateurs à s’attendre à des prix plus bas, fait disparaître des emplois et fait chuter les salaires.

Ce qui est rentable, c’est encore la bonne vieille formule d’avoir un gros magasin avec des boîtes, des produits, où des gens rentrent avec un panier et le remplissent.

Éric Pineault

Inaccessible richesse
« Les [travailleurs moyens] ne sont peut-être plus capables d’aller arracher des gains dans les cycles économiques, indique Éric Pineault. Concrètement, ça veut dire que dans l’économie d’école, il y a de la croissance, il y a des profits, il y a de la richesse qui se crée, mais les gens qui travaillent sont incapables d’aller chercher leur part de richesse. »

Il dit aussi : « On n’a pas eu la croissance qu’on a eue dans les autres décennies durant [le dernier cycle économie]. Elle n’est pas là. Elle n’est pas au rendez-vous. Donc, peut-être qu’on est dans une économie de faible croissance, [dans laquelle il n’y a] pas beaucoup de richesse qui se crée, mais beaucoup de ferveur autour de produits technologiques. »

À la recherche d’indicateurs
« Si la relation entre inflation et chômage est brisée, on ne peut plus utiliser les mêmes indicateurs, prévient Diane Bérard. Certains économistes commencent à regarder les décisions technologiques pour voir où ira le marché. On regarde ce que les grands joueurs qui utilisent beaucoup la technologie font pour dire : Ça, ça va déterminer la direction du marché. Donc, on n’est plus capable de lire le marché comme avant, ce qui a des effets sur les décisions d’investisseurs, les décisions d’embauche… Ça a des effets de cascade énormes. »

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