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Catherine Perrin
Audio fil du mercredi 10 avril 2019

Le Bauhaus, l’utopie de l’habitat égalitaire, a 100 ans

Publié le

Deux édifices blancs de type Bauhaus à Berlin, en Allemagne.
Des bâtiments originaux de la première vague du mouvement Bauhaus subsistent encore à Berlin, en Allemagne.   Photo : Getty Images / Sean Gallup

Surfaces lisses, structures apparentes, formes épurées... Ce sont les caractéristiques principales de ce mouvement architectural allemand, d'abord appliqué à la poterie, au textile et au mobilier, qui visait à construire pour les travailleurs un environnement dénué de toute trace de statut social. Au centenaire du Bauhaus, Gérard Beaudet, professeur en urbanisme et en architecture, et Martin Racine, professeur en design et en arts numériques, expliquent à Catherine Perrin qu'en essayant d'étouffer ce mouvement lié au socialisme, les nazis ont contribué à son rayonnement.

« Il y avait l’idée de réunir les artistes et les artisans, d’enlever toute hiérarchie entre les beaux-arts et les arts appliqués, et de réunir tout ça – nos espaces, l’habitat et l’architecture, bien entendu – pour la construction de la société », souligne Martin Racine pour expliquer la philosophie de Walter Gropius, l’architecte qui a lancé le Bauhaus en 1919.

L'édifice Seagram, à New York.
L'édifice Seagram, à New York, est un bon exemple d'architecture d'inspiration Bauhaus. Photo : Getty Images/Susan Schiff Faludi

Sus à l’ornementation

Selon le spécialiste, les tenants du Bauhaus réagissaient à la tendance à l’ornementation excessive qui avait cours à Paris, où les incrustations de pierres précieuses dans les matériaux étaient en vogue : « Eux étaient tout à fait contre cette idée. Ils disaient : "Éliminons les ornements, rendons les objets très accessibles grâce à la fabrication industrialisée, et donnons accès au plus grand nombre à des choses abordables, sans distinction de classe." »

Le Centre Segal (autrefois connu sous le nom de Centre Saidye Bronfman), à Montréal.
Le Centre Segal (autrefois connu sous le nom de Centre Saidye Bronfman), à Montréal, est un bon exemple d'architecture d'inspiration Bauhaus.   Photo : Google Maps

Une cité faite pour le travailleur

« Il y avait cette volonté de remédier à tous les problèmes d’insalubrité dans les quartiers, note Gérard Beaudet. C’était d’autant plus important qu’en Allemagne, on venait de connaître la révolution industrielle, et donc de grands bouleversements dans les cadres urbains. […] Il y a cette émergence de l’idée de constituer des habitats ouvriers bien contrôlés, bien aménagés. »

« Le Bauhaus souhaite faire école, poursuit le professeur Beaudet. Il ne s’agit pas juste de défendre des idées, mais de dire : "Il faut absolument que ces idées soient mises en pratique. Il faut qu’il y ait une convergence de toutes les disciplines." Paradoxalement, l’architecture est traitée en mode mineur dans les premières années. »

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