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Catherine Perrin
Audio fil du jeudi 21 mars 2019

Le drame méconnu des Ouïgours

Publié le

Agnès Gruda, Ilterish Semseddin et Arkin Aliev au micro de Catherine Perrin.
Agnès Gruda, Ilterish Semseddin et Arkin Aliev   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Depuis 2017, Arkin Aliev et Ilterish Semseddin, qui vivent au Québec, sont sans nouvelles de leur famille restée en Chine. Elles pourraient faire partie du million de représentants de cette minorité musulmane et turcophone qui sont soit internés dans des camps de rééducation, soit interdits de contacts avec l'extérieur, ou pire, dans le contexte d'une campagne de répression sans précédent menée au nom de la lutte contre le terrorisme. En compagnie de la journaliste Agnès Gruda, ils expliquent à Catherine Perrin comment ils ont perdu, un à un, la trace de leur oncle, cousin ou grand-parent, et ce, dans l'indifférence de la communauté internationale.

« Il y a une politique d’assimilation qui s’est accélérée après les attentats de 2001, parce qu’on pouvait, à ce moment-là, accuser [les Ouïgours] de terrorisme, indique Agnès Gruda. Il y a effectivement eu des groupes radicaux, mais vraiment minoritaires. […] Ça a culminé en 2016, à peu près, quand un nouveau dirigeant chinois a été nommé pour s’occuper des Ouïgours. Il était au Tibet avant, donc, il s’était fait la main. Depuis ce temps-là, on assiste à une répression hallucinante. Comme toujours dans le cas de la Chine, les chiffres sont tellement énormes que ça en devient abstrait. »

C’est comme si 800 000 ou 900 000 Québécois s’étaient retrouvés, en deux ans, derrière les barreaux, et que leur famille avait complètement perdu contact avec eux. […] Il n’y a pas une famille [ouïgoure] qui n’est pas touchée par ça.

Agnès Gruda

Rumeurs et silence

« Ça a commencé en 2016, tranquillement, un membre à la fois, raconte Arkin Aliev. En 2017, c’était complètement terminé. Sur WeChat [un service chinois de messagerie web], tout le monde nous a supprimés comme contacts. On entendait des rumeurs comme quoi c’était mieux de ne plus appeler la famille là-bas, parce qu’ils étaient victimes de harcèlement. Des policiers se présentaient [à leur] domicile. Ceux qui ont été les plus [touchés] sont ceux qui ont fait des voyages à l’étranger et ceux qui avaient de la famille à l’étranger. »

Ilterish Semseddin en costume traditionnel ouïgour.
Ilterish Semseddin en costume traditionnel ouïgour Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

« Ne nous appelez plus »

« Depuis que je suis petit, on se contactait par Skype », raconte le petit Ilterish Semseddin au sujet des membres de sa famille élargie. « On se voyait par facecam. Après ça, les Chinois l’ont interdit; ils ont dit : "Non, vous n’avez plus le droit de vous voir." Alors, on a commencé à se téléphoner. On s’est parlé pendant à peu près deux ans. Après ça, [les Chinois] l’ont interdit. [Les membres de ma famille] ont dit : "Ne nous appelez plus." Alors, on a commencé [à communiquer grâce à] WeChat. Eux ne pouvaient pas nous parler; on ne pouvait que leur envoyer des photos. On envoyait des photos de mon petit frère, ma petite sœur et moi. »

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