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Catherine Perrin
Audio fil du mardi 12 mars 2019

La colère, une émotion utile si l’on sait l’apprivoiser

Publié le

Ghassan El-Baalbaki, Micheline Lanctôt et Sonia Lupien au micro de Catherine Perrin.
Ghassan El-Baalbaki, Micheline Lanctôt et Sonia Lupien   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

« C'est un message nécessaire, mais qu'on sait mal décoder. » Tout comme Ghassan El-Baalbaki et Micheline Lanctôt, Sonia Lupien croit que la colère peut être un moteur de changement si elle est bien gérée, mais qu'elle peut aussi nous faire dire et faire des choses que l'on regrettera. Le psychologue, la chercheuse en neurosciences et la comédienne expliquent à Catherine Perrin que la colère est souvent déclenchée par une mauvaise interprétation de son environnement.

Ghassan El-Baalbaki survole les différents types de colère : intériorisée, explosive, chronique, pétrifiée et empathique.

« Il y a certainement une [part] qui vient du tempérament, dit-il. Après ça, il y a les apprentissages sur le plan de la régulation de nos émotions. Mais aussi : comment on mobilise des façons de s’adapter, d’interpréter des situations que nous jugeons frustrantes, injustes... C’est un apprentissage qui se fait à long terme. À la fin, on devient soit des gens habitués à réagir d’une façon […] dysfonctionnelle et explosive, ou alors, la colère va être [utilisée] pour faire des changements. »

Un air de famille

Chez Micheline Lanctôt, les tempéraments colériques sont de famille, et elle n’y a pas échappé. « Je m’en suis débarrassée complètement, et c’est comme si quelqu’un m’avait enlevé trois tonnes sur chaque épaule », déclare-t-elle.

Elle évoque les quatre épisodes de colère explosive dont elle se souvient : « Chaque fois, j’étais malade pendant trois jours. Les hormones débordaient, j’avais mal partout. […] C’est très épeurant quand on ne sait pas ce que c’est. Une fois, ça a été tellement épouvantable que j’ai cassé [un porte-serviette] avec les dents. J’avais l’air d’une gorgone. C’est épouvantable, ce que j’ai vu dans le miroir. »

On vit dans une société génératrice de stress, d’impuissance, de frustration, d’indignation, de colère, d’injustice… On est attaqués de tous les côtés.

Micheline Lanctôt

Quand l’amygdale s’emballe

Sonia Lupien décrit en détail comment le mécanisme de la colère se déclenche : « L’amygdale – pas celles qu’on a dans la gorge, mais celle qu’on a dans la tête – est un détecteur de menaces; c’est impliqué dans la peur et dans la régulation des émotions, souligne-t-elle. Quand elle est activée, elle active le système de stress – elle ne peut pas être activée tout le temps, on va être en colère tout le temps. Donc, le lobe frontal, dans la plus grosse région du cerveau – va inhiber [l’amygdale]. Ça explique les colères des enfants, parce qu’un enfant de 7 ans n’a pas un lobe frontal très développé, donc, c’est dur, pour lui, de gérer sa colère. »

Elle poursuit : « Le problème, c’est quand l’amygdale est tellement suractivée qu’elle va outrepasser le lobe frontal en disant : "Laisse faire ton message d’inhibition, je suis vraiment fâchée." »

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