Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Catherine Perrin
Audio fil du mardi 12 mars 2019

Harcèlement psychologique au travail : les patrons croient les agresseurs

Publié le

Une personne en harcèle une autre dans un bureau.
Les employeurs peuvent jouer un rôle inconscient dans le harcèlement psychologique d'employés, selon une étude.   Photo : iStock

Dans des cas d'accusation de harcèlement au travail, les gestionnaires tendent à favoriser l'agresseur et non la victime. C'est ce que démontre une étude inédite menée par des chercheurs de l'Illinois à propos de l'effet des biais cognitifs dans de telles situations. Sonia Lupien, chercheuse en neurosciences, explique à Catherine Perrin qu'une mauvaise performance de l'employé victime de harcèlement induit une vision encore plus négative de l'employeur à l'égard de cette personne.

« Très souvent, les différents collègues qui vont servir de témoins vont avoir des points de vue différents, indique Sonia Lupien. Ça va faire en sorte que le gestionnaire doit se fier à son seul jugement pour décider comment agir. Rappelez-vous quand vos enfants se chicanaient… »

Raccourci destructeur

La chercheuse explique que la formation de biais cognitifs est alors inévitable. « Il est très difficile pour un cerveau humain de traiter plusieurs informations à la fois. Par conséquent, on prend souvent des raccourcis pour [donner un sens à] une situation », dit-elle pour expliquer ce concept.

Elle relate trois expériences distinctes lors desquelles des employés et des gestionnaires devaient remplir des questionnaires quant à leurs réponses possibles dans des situations de harcèlement.

Honnie soit la victime

Les trois expériences ont donné des résultats similaires : « Les employés qui rapportaient avoir vécu des actes d’hostilité au travail étaient perçus par les gestionnaires comme ayant fait preuve de comportements déviants eux-mêmes. C’est la victime qui devenait le bourreau. En somme, l’employé se disant victime d’actes hostiles était perçu par le gestionnaire comme étant l’instigateur de ces actes-là. Voici ce qui est important : cet effet était plus important quand le gestionnaire considérait que cet employé-là n’était pas très performant au travail. »

« Ce que ça veut dire, c’est que […] les mêmes facteurs qui sont très bien vus dans le milieu de travail peuvent devenir des armes absolument dangereuses, conclut Sonia Lupien. Si vous avez tendance à croire aux [employés] performants, si vous avez des [employés] performants à personnalité hostile, ça va avoir un effet assez important sur votre groupe de travail. »


Il est également question du livre Système 1, système 2 : les deux vitesses de la pensée.

Chargement en cours