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Matins sans frontières

Avec Charles Lévesque

En semaine de 6 h à 9 h

Vieillir parmi les siens : un souhait partagé dans les communautés culturelles

Rattrapage du jeudi 29 octobre 2020
Deux personnes se tiennent les mains en signe de soutien

Dans de nombreuses communautés culturelles, le souhait est de vieillir en famille.

Photo : Getty Images / eclipse_images

Alors que la pandémie a mis à jour de graves lacunes dans le traitement et les soins aux personnes âgées qui vivent dans les résidences de soins de longue durée en Ontario, nous avons voulu savoir comment les résidents issus de l'immigration envisagent de vieillir.

Innocent Niyonkuru réside à Windsor depuis plus de 20 ans. Pendant plusieurs années, il a pensé qu'il pourrait retourner finir ses jours au Burundi une fois que ses enfants seraient devenus adultes et indépendants.

Mais maintenant qu'il est dans la soixantaine, il constate que cette option n'est plus vraiment envisageable. Ce qu'il souhaite donc aujourd'hui, c'est rester en forme suffisamment longtemps pour garder son autonomie et surtout éviter de se retrouver dans un foyer pour personnes âgées.

Les maisons de retraite, ce n’est pas le rêve des Africains. Ce n’est pas notre style de vie. Personnellement ce n’est pas dans mes plans à moins que j’y sois obligé. [Mon plan] est de vieillir indépendant c’est-à-dire être capable de prendre soin de soi-même ou avoir des siens autour de vous-même, explique-t-il.

Selon Ignace Olazabal, anthropologue de la vieillesse et du vieillissement et professeur à l'Université de Montréal, rester le plus proche des siens est très commun dans des sociétés traditionnelles, notamment africaines.

C'est ce qu'ils ont connu lorsqu'ils étaient plus jeunes et c'est ce qui est souhaitable pour la plupart. Une société dans laquelle il y a la piété filiale, il est normal de vouloir rester à la maison et d'être pris en charge comme nous avons pris en charge, note-t-il.

Jean-Paul Gitsembe et sa femme Speciose partagent cette idée que c'est à leurs enfants de s'occuper d'eux dans leur vieillesse.

Mon plan est de rester toujours en famille. Ce sont mes enfants qui doivent m’aider. Je les ai aidés à leur tour de m'aider.

Jean-Paul Gitsembe

C'est d'ailleurs pour se rapprocher de leurs fils que le couple a déménagé il y a quelques années à Ottawa après avoir passé 20 ans à Windsor.

On s’est entendu avec nos enfants qu’ils vont nous prendre dans leur maison. Un de nos fils a déjà planifié, si ça ne va pas, on peut aller vivre dans l'appartement chez lui, précise Speciose Gitsembe.

La tentation de retourner au pays

Si l’envie de se rapprocher de sa famille ou de vieillir parmi les siens est la norme, l'endroit où l'on vit peut toutefois varier selon les familles.

La meilleure option est de partager mon temps entre l’Afrique et le Canada, explique Kumba Lubaki qui vit à Chatham depuis 30 ans. Il n'exclut toutefois pas d'être à un moment obligé de choisir, ce qu'il fera en fonction de l'endroit où il est le mieux soigné, affirme-t-il.

Une approche partagée par Jerry Masiya, résident de Windsor depuis les 1990, qui lui a déjà décidé de retourner s'installer dans son village en République démocratique du Congo.

Il me reste deux ou trois ans, je vais rentrer définitivement chez moi. C’est là où je vais mourir, enterré même! C’est un projet qui date même de longtemps. Je me prépare pour ça, affirme-t-il.

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