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Témoignage : le quotidien d'un infirmier ontarien à Détroit au temps de la COVID-19

Matins sans frontières

Avec Charles Lévesque

En semaine de 6 h à 9 h

Témoignage : le quotidien d'un infirmier ontarien à Détroit au temps de la COVID-19

Rattrapage du vendredi 27 mars 2020
A nurse holds swabs and test tube to test people for COVID-19 at a drive through station set up in the parking lot of the Beaumont Hospital in Royal Oak, Mich., Monday, March 16, 2020. (AP Photo/Paul Sancya)

Le personnel médical au Michigan est surchargé face à la pandémie de COVID-19.

Photo : The Associated Press / Paul Sancya

Alors que le nombre de cas augmente à une vitesse fulgurante aux États-Unis, des travailleurs jugés essentiels continuent de traverser quotidiennement la frontière entre l'Ontario et le Michigan. C'est notamment le cas de Justin Kalisa, infirmier aux soins intensifs à l'Hôpital de Henry Ford et de Beaumont au Michigan.

Depuis 1998, il traverse le pont Ambassador pour se rendre à son travail. Depuis que des restrictions ont été imposées, il constate certains changements à la frontière.

Dans le passé, il y avait beaucoup de gens qui traversaient chaque matin, ça me prenait au moins 45 minutes pour aller au boulot, mais maintenant ça me prend moins de 30 minutes, parfois je me trouve seul au moment où je traverse, constate-t-il.

Il note aussi un changement d'attitude de la part des douaniers qu'il trouve plus amicaux que d'habitude : Maintenant, il vous salue poliment et vous souhaite une bonne journée.

Des hôpitaux qui débordent

Les hôpitaux n'admettent plus de malades comme d'habitude. Toutes les chirurgies ont été annulées. Tous les malades qui sont admis sont des malades qui ont des problèmes respiratoires, explique M. Kalisa.

Les patients admis sont testés au coronavirus et isolés en attendant leurs résultats. Quand ceux-ci s'avèrent positifs, ils sont transférés en soins intensifs.

Quand il est positif, le malade est confiné dans sa chambre. [...] Ils n'ont pas droit aux visiteurs. Imaginez-vous un malade qui ne reçoit pas de visiteurs.

Justin Kalisa, infirmier à Détroit

En dehors du nombre croissant de malades, les équipes médicales font face à un problème de personnel : Nous n'avons pas de staff qualifié. Ça doit être des gens qui sont bien préparés pour travailler dans les soins intensifs.

Le couloir d'un hôpital de la région de Détroit au Michigan

Le couloir d'un hôpital de la région de Détroit au Michigan

Photo : Getty Images / Win McNamee

Aider malgré tout

M. Kalisa assure que sa sécurité est assurée et que le personnel dispose de l'équipement nécessaire pour se protéger.

J'ai peur comme un humain, mais on le fait par amour, par vocation.

Justin Kalista

En rentrant chez lui, il prend le maximum de précautions : il retire ses souliers dans le garage et va prendre directement une douche. Il pratique aussi la distanciation sociale : Je [reste] au moins à 2 m de chacun. J'essaie de m'isoler quand même.

À ceux qui critiquent les mesures imposées, il rappelle qu'il ne s'agit pas de punitions.

Si tout le monde avait la chance de voir comment ces malades-là souffrent, je vous assure [que] personne ne négligerait les règles décidées par le gouvernement.

Pour sa part, il a bien l'intention de rester jusqu'au bout au chevet de ses patients.

S'ils décident de fermer pendant que je suis au Canada, là je n’ai pas de choix. Mais si je suis du côté des États -Unis, j’ai droit à une chambre. Je suis prêt à rester à moins qu’il y ait quelque chose qui ne me permet pas de le faire, affirme M. Kalisa.

Selon les données du Collège des infirmières de l’Ontario, plusieurs centaines d'infirmières ou d'infirmiers travaillent au Michigan.

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