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Maxime Coutié
Audio fil du mercredi 14 août 2019

Comment a-t-on évité le pire en sauvant nos centres historiques?

Publié le

L'Île-des-Moulins, dans le Vieux-Terrebonne.
L'Île-des-Moulins, dans le Vieux-Terrebonne.   Photo : Radio-Canada / Francis Labbé

Sault-au-Récollet, le Vieux-Pointe-aux-Trembles, le Vieux-Terrebonne... Le Grand Montréal regorge de centres historiques. Le chroniqueur Gérard Beaudet, urbaniste émérite, dresse le portrait des expériences urbaines et culturelles diverses que permet la région métropolitaine.

Si aujourd’hui, des dizaines de centres historiques font bonne figure et sont agréables à visiter, à une certaine époque, ce n’était pas le cas. Dans les années 60, les vieux quartiers se trouvaient dans un piètre état.

« Le Vieux-Montréal était à peu près vidé de sa population. Les grands magasins-entrepôts étaient sous-utilisés, voire carrément abandonnés. Il y a même des ingénieurs à la fin des années 50 qui avaient proposé la construction d’une autoroute surélevée du type métropolitaine à l’axe de la Commune. Des urbanistes ont réussi à bloquer le projet », explique-t-il.

Sault-au-Récollet, dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, a bien failli y passer aussi. Le ministère des Transports du Québec souhaitait y construire l’approche du pont Papineau-Leblanc au niveau du boulevard Gouin.

« Ça aurait [assurément] coupé le village en deux, juste à l’est de l’église la plus ancienne de Montréal », mentionne-t-il.

Si ces projets ont avorté, le Vieux-Terrebonne n’a pas eu cette chance. Plusieurs maisons de pierres datant des années 1840 ont été incendiées ou démolies.

« Le propriétaire de l’Île-des-Moulins, qui était à couteaux tirés avec le ministère des Richesses naturelles, a décidé de régler lui-même les problèmes de gestion de l’eau dans la rivière des Mille-Îles en dynamitant le barrage un bon dimanche matin », raconte-t-il.

« C’étaient des lieux qui étaient vieux, dans le sens péjoratif du terme », explique-t-il.

La mobilisation citoyenne

Heureusement, la mobilisation citoyenne s’est multipliée et, dès les années 60, de nombreux statuts de protection ont été octroyés à des bâtiments. À cette époque, la vision n’était pas encore très urbanistique. Gérard Beaudet souligne d’ailleurs que seuls les principaux bâtiments, et les plus beaux, étaient sauvés. Une vision urbanistique réelle s'est enclenchée dans les années 80.

« On [a réalisé] que les quartiers anciens ne sont pas qu’une collection de bâtiments anciens, que ça [avait] une personnalité et qu’il [fallait] réfléchir à leur avenir », souligne-t-il.

C’est à ce moment-là que les activités culturelles ont commencé à émerger dans les centres historiques. Selon Gérard Beaudet, le Vieux-Terrebonne constitue à cet égard l’une des plus belles réussites, notamment en ce qui a trait à la valorisation patrimoniale.

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