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Maxime Coutié
Audio fil du lundi 12 août 2019

Le manoir de Mascouche : du conte de fées à la tragédie

Publié le

Photo d'archives d'une grande maison d'époque luxueuse avec une piscine creusée.
Le manoir seigneurial de Mascouche.   Photo : Courtoisie SODAM

Bien avant de devenir une municipalité de la région de Lanaudière, Mascouche était un centre industriel typique des seigneuries de la Nouvelle-France et, plus tard, du Bas-Canada. Geneviève Pronovost, enseignante en histoire, raconte le riche passé de l'un des vestiges de cette ville : le manoir de Mascouche.

« C’est l’un des rares sites qui contient encore un manoir, un moulin et une maison de meunier », indique l’enseignante.

À partir de 1647, la seigneurie est concédée à Pierre Le Gardeur de Repentigny, passe entre les mains de Charles Aubert de La Chesnaye, puis retourne au fils de Pierre Le Gardeur à la suite d’une bataille juridique.

« On installe à ce moment-là les seigneuries sur le bord du fleuve. Ce sont les principales voies de communication. Sur la rivière Mascouche, il y a des rapides. C’est parfait pour l'installation de moulins », explique-t-elle.

Plusieurs moulins y sont donc construits. C’est seulement des années après la conquête britannique que le manoir est fondé. La famille Pangman, dont l’homme est un ancien marchand de fourrures de la Saskatchewan en réorientation de carrière, est la première à habiter les lieux, en 1794.

« C’est assez rudimentaire. C’est une maison rectangulaire à un étage, avec une fontaine à l’avant », décrit-elle.

En 1881, une famille francophone, les Corbeil, acquiert le manoir pour y exploiter les moulins et les terres agricoles.

La millionnaire

Si jusqu’ici l’histoire semble assez banale, c’est à l’arrivée de celle qu’on a surnommée « la millionnaire » que tout bascule. Cette millionnaire, c’est Hazel Béatrice Kemp-Colville, la fille d’un marchand montréalais devenu sénateur en Ontario.

« C’est une femme avec beaucoup de poigne. C’est d’ailleurs la première femme à posséder un permis de conduire en Ontario », indique-t-elle.

C’est lorsque son deuxième mari, Arthur Boucher Colville, et elle se cherchent une maison de campagne qu’elle tombe sous le charme du manoir de Mascouche.

« Le manoir n'est toutefois pas à vendre et les Corbeil ne veulent pas le céder. Mais on est en 1930, en pleine crise économique. Les 83 000 $ qu’elle offre à la famille Corbeil va la convaincre », dit-elle.

La millionnaire fait de la maison une gentilhommière, c’est-à-dire une maison de campagne pour une famille noble. Elle la rénove en entier avec des goûts des plus luxueux et y fait même creuser la première piscine creusée de la région. Son mari meurt avant la fin des travaux.

Des invités de choix

« Elle commence à fréquenter le premier ministre du Canada. Il va devenir son amant et il va passer ses fins de semaine à Mascouche. Ce n’est pas le seul personnage illustre qui va fréquenter le manoir. Mme Colville possède aussi une résidence aux Bahamas, où elle joue au bridge avec le duc de Windsor, Edouard VIII, ce qui va la mener à héberger la grande duchesse Charlotte de Luxembourg et sa famille, qui sont envahis par les nazis au Luxenbourg. [...] Ils vont venir se réfugier à Mascouche. »

Le manoir passe entre les mains de plusieurs personnes, dont la Sûreté du Québec. Puis, il est abandonné en 2010 à la suite d’un incendie. La Ville de Mascouche l’a acheté en 2015 pour y installer un centre récréotouristique.

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