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Maxime Coutié
Audio fil du mercredi 7 août 2019

Le parc de stationnement, vestige de la culture de l’automobile

Publié le

Le stationnement sous-terrain du marché Jean-Talon compte 340 places sur deux étages.
Le stationnement sous-terrain du marché Jean-Talon compte 340 places sur deux étages.   Photo : Radio-Canada

L'ascension de l'automobile au 20e siècle a laissé de nombreuses empreintes dans le paysage, autant en ville qu'en banlieue. L'une des plus marquantes est le parc de stationnement. L'urbaniste émérite Gérard Beaudet revient sur ce qui a mené à la prolifération de ces espaces.

Dès les années 1910, centres commerciaux, ciné-parcs, parcs industriels et motels forcent les urbanistes à accorder une plus grande place aux automobiles, et donc, à aménager des stationnements. Le phénomène se fait surtout sentir en banlieue, une zone souvent mal desservie par le transport collectif.

« En banlieue, l’un des gros avantages est l’espace disponible. On ne se pose pas trop de questions. On aménage généreusement des stationnements », explique le professeur titulaire à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal.

Il n’y a pas qu’en banlieue que le changement s’opère. Des parcs de stationnement poussent les uns après les autres dans les quartiers centraux de Montréal. Celui dont on estime être le premier, dans l’édifice de la Canada Cement Co., est inauguré en 1922 au square Phillips et comporte deux étages. Huit ans plus tard, dans l’édifice Dominion Square, cinq étages de stationnement sont construits.

Le plus ancien centre commercial du Québec, et possiblement du Canada, est le centre commercial Norgate, aujourd'hui dans l'arrondissement montréalais de Saint-Laurent. Construit en 1953, il compte de 500 à 600 places de stationnement.

« On fait incidemment de cette offre de stationnement un des principaux arguments de marketing », indique l’urbaniste.

Le centre commercial Village Champlain dans l'est de Montréal, inauguré trois ans plus tard, emboîte le pas avec 550 places. Dans le Petit Maghreb, à Montréal, le centre commercial Boulevard, quant à lui, en offre 2100. À titre de comparaison, le quartier Dix30, ouvert en 2006, compte plus de 7000 places.

C'est aussi dans les années 1950 que la Ville se met à construire des édifices réservés entièrement au stationnement automobile. En 1956, elle en inaugure un entièrement automatisé de huit étages dans le Vieux-Montréal.

« C’était une façon d’optimiser l’espace », précise Gérard Beaudet.

Dans les années 1960, les stationnements de surface se multiplient au centre-ville de Montréal.

Une photo d'archives montrant l'hôtel de ville de Montréal et le château Ramezay dans les années 1960.
Vue de l'hôtel de ville de Montréal et de ses environs, le 20 juin 1969. Photo : Archives de la Ville de Montréal

« Entre autres, on peut voir que la totalité du périmètre de l’hôtel de ville de Montréal [est aménagé en stationnements], dont le Champ-de-Mars à l’arrière, et en face, [où il y a] un stationnement de deux étages qui vient entourer le château Ramezay, qui est quand même un monument historique depuis 1922 », souligne-t-il.

L’Université de Montréal construit elle aussi des parcs de stationnement. Celui de Louis-Colin a même gagné un prix d’architecture.

Une photo en noir et blanc montrant un stationnement étagé à l'Université de Montréal.
Le stationnement Louis-Colin, à Montréal. Photo : courtoisie

Gérard Beaudet raconte que ces espaces proliféraient tellement dans les années 1980 que beaucoup disaient que Montréal semblait avoir été bombardée par les stationnements.

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