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Maxime Coutié
Audio fil du lundi 29 juillet 2019

Val-Jalbert : de lieu prospère à village fantôme

Publié le

Le bâtiment historique et la chute de Val-Jalbert.
Le village historique de Val-Jalbert.   Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Au Québec, nombreuses sont les villes créées par et pour des compagnies. La Côte-Nord et l'Abitibi en dénombrent plusieurs, mais on en trouve aussi au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C'est le cas de Val-Jalbert, une ville qui a attiré l'attention de l'historienne Myriam Wojcik.

En 1901, Damase Jalbert, un entrepreneur francophone prospère, cible Ouiatchouan, aujourd'hui Val-Jalbert, pour y fonder sa compagnie de pâte à papier. Situé à proximité du réseau national de chemin fer, ce lieu semble parfait pour produire et transporter de la pâte de bois.

Le début du 20e siècle marque aussi une époque importante pour l’industrie des pâtes et papiers au Québec : « La demande en papier est forte à la fin du 19e siècle en Europe et aux États-Unis. Le Canada, et particulièrement le Québec, devient à l’époque le premier producteur mondial de papier journal. »

À la mort de Damase Jalbert, la compagnie est vendue à des intérêts américains, puis à la Compagnie de Pulpe de Chicoutimi. Dubuc, son directeur, donne un grand élan à l’usine et au village.

Dès 1920, Val-Jalbert passe d'une centaine d'habitants à plus de 900, créant rapidement une vie de communauté. Un hôtel, des maisons et plusieurs bâtiments sont construits. L’eau courante et l’électricité sont même accessibles dans les maisons, un modèle pour le Québec rural. Val-Jalbert devient non seulement un pôle pour l’industrie des pâtes et papiers, mais aussi un symbole de modernité.

« Ce sont des conditions de vie assez bonne pour l’époque. Cela dit, les conditions de travail, il ne faut pas voir la vie en rose. C’est très humide, les usines sont très bruyantes, mais [la main-d'œuvre est] bien rémunérée », indique Myriam Wojcik.

Le vent tourne

En 1924, la compagnie propriétaire du village fait faillite : « La production cesse un certain temps, mais l’usine fermera définitivement le 13 août 1927. »

Ce sont 950 personnes qui perdent leur emploi à ce moment. En 1929, les familles quittent Val-Jalbert, à l’exception d’une dizaine d’entre elles.

Ça devient un village fantôme.

Myriam Wojcik

Alors nouvellement propriétaire de Val-Jalbert, le gouvernement du Québec interdit l’accès au site dans les années 1940 et 1950. Les dernières familles qui habitaient encore les lieux sont forcées de partir.

Peu de temps après, des pressions sont faites aux autorités pour préserver le site. Avec succès : Val-Jalbert est annexée en 1971 à la ville de Chambord.

Aujourd’hui, Val-Jalbert est un Village historique classé en 1996 par le ministère de la Culture et des Communications du Québec qu'il est possible de visiter.

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