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Neuf points-virgules pour lutter contre le suicide

Les malins

Avec Jhade Montpetit

Samedi de 7 h à 11 h

Neuf points-virgules pour lutter contre le suicide

Audio fil du samedi 9 décembre 2017
Deux personnes montrent le point-virgule tatoué sur leur poignet.

Le projet point-virgule incite les personnes souffrant ou ayant souffert de la dépression, ainsi que leurs proches, à se faire tatouer le signe de ponctuation comme symbole d'espoir.

Photo : Radio-Canada / André Dalencour

L'un le porte au poignet gauche, l'autre au poignet droit. François Desrochers et Nadine Deschamps, tous deux résidents de Gatineau, sont parmi les neuf personnes qui se sont fait tatouer un point-virgule et qui ont participé à un projet de calendrier pour lutter contre la dépression et le suicide.

Un texte d'Agnès Chapsal

« Le point-virgule dans une phrase, c'est un peu le contraire d'un point final, alors c'était là pour signifier : "Mon histoire n'est pas finie, moi qui ai vécu de grandes détresses et le désir de mourir, de me suicider. C'est en même temps un message de solidarité et une façon d'envoyer de l'appui et de l'amour à ceux qui vivent avec le désir de mourir, la dépression, l'angoisse et la toxicomanie », explique François Desrochers.

C'est en voyant le tatouage de M. Desrochers et en découvrant son histoire que Nadine Deschamps, sa collègue à Télé-Québec Outaouais-Laurentides, a voulu faire la même chose en signe de soutien à sa fille.

« Ma fille, de 12 à 14 ans, avait de gros problèmes de comportements, de toxicomanie et d'automutilation [...] j'étais en soutien avec elle », confie Mme Deschamps.

Ma fille l'a du côté gauche, là où on voit encore les marques de mutilation. Moi, je l'ai du côté droit et c'est vraiment un soutien.

Nadine Deschamps
Une femme souriante en entrevue à la radio de Radio-CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nadine Deschamps, initiatrice du projet de calendrier de tatouages point-virgule en Outaouais

Photo : Radio-Canada

Le Project Semicolon, le projet point-virgule, est apparu en 2013 aux États-Unis. Il incite les personnes souffrant ou ayant souffert de la dépression, ainsi que leurs proches, à se faire tatouer le signe de ponctuation comme symbole d'espoir. Les tatouages se font à l'intérieur du poignet, faisant référence au geste suicidaire de se tailler les veines.

Neuf participants et un calendrier

François Desrochers et Nadine Deschamps sont allés plus loin que de se faire tatouer le point-virgule. L'idée d'un calendrier a germé dans leur esprit en 2016, lors de la semaine de la prévention du suicide, mais en février, c'était déjà trop tard dans l'année.

À la dernière minute, ils ont relancé l'idée cette année qui s'est concrétisée sous l'objectif du photographe Claude Brazeau, avec l'aide de sa conjointe infographiste.

Neuf participants - huit femmes et un homme - ont répondu à leur appel lancé sur Facebook pour la séance de photos.

« Initialement, quand j'ai vu que ce n'était que des filles et moi dans le calendrier, j'avais envie de me désister, parce que ça a l'air fou un peu le gars avec un paquet de filles, mais en fin de compte, on m'a convaincu de le faire quand même, parce que c'est représentatif d'une situation qui est que les hommes ont plus de difficulté à en parler, à reconnaître leur difficulté », exprime M. Desrochers.

Un homme en entrevue à la radio de Radio-CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

François Desrochers est producteur à Télé-Québec.

Photo : Radio-Canada / André Dalencour

Les fonds amassés seront reversés dans leur totalité à l'Association québécoise de prévention du suicide (Nouvelle fenêtre). Le calendrier sera mis en vente dans les prochains jours (Nouvelle fenêtre). Nadine Deschamps espère récolter environ 1000 $ de leur vente.

Au Canada, le taux de suicide le plus élevé est observé chez les hommes de 45 à 59 ans. Au Québec, le taux de suicide chez les hommes qui ont de 45 à 64 ans (32,2 par 100 000 habitants) est plus élevé que dans les autres groupes d’âge.

Parmi les 4000 personnes qui meurent par suicide chaque année, 90 % souffraient d’un problème de santé mentale.

Et selon François Desrochers, le soutien aux personnes qui souffrent est encore insuffisant.

C'est un fait qu'il n'y a pas assez de soutien [...] Tu peux aller voir un thérapeute une heure par semaine, mais le reste [du temps], tu es tout seul.

François Desrochers

« Il y a des jugements, les gens se tiennent loin de ça, il y a plein de préjugés sociaux, il y a plein de honte personnelle par rapport à ça, comme : "C'est de ma faute, j'ai été trop faible" », regrette M. Desrochers.

Vous ou un proche avez besoin d'aide?

Tel-Aide Outaouais (8 h à 24 h, 365 jours par année)
À Gatineau : 819 775-3223
Ailleurs en Outaouais : 1 800 567-9699
À Ottawa : 613 741-6433

Ligne de crise en santé mentale
À Ottawa : 613 722-6914
Ailleurs dans l'Est ontarien : 1 866 996-0991

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