•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Porter un regard différent sur l’itinérance

Les malins

Avec Jhade Montpetit

Samedi de 7 h à 11 h

Porter un regard différent sur l’itinérance

Rattrapage du samedi 5 décembre 2020
Image d’un itinérant dans les rues de Montréal. 
Photo prise dans le centre-ville de Montréal, Québec, Canada.

Depuis que l'état d'urgence sanitaire a été déclaré, de nombreuses ressources permettant d'accueillir ces jeunes ont dû restreindre ou fermer leurs activités.

Photo : Ivanoh Demers

Qu'est-ce qui n'a pas déjà été dit sur l'itinérance à Gatineau et qui mériterait d'être (re)dit? L'animatrice Jhade Montpetit a posé la question à Alexandre Deschênes, organisateur communautaire au Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais, poète, chanteur à ses heures, homme au grand cœur et chef cuisinier à La Soupière de Gatineau.

Leçon numéro un : arrêtons d’employer des euphémismes. Les personnes qui fréquentent des organismes de charité tels que la Soupière de l’amitié de Gatineau ne sont pas des clients. Alexandre Deschênes tient à le faire savoir. À la limite, ce sont des usagers ou des participants, mais il ne s’agit pas d’une clientèle, dit-il. Ce sont des humains!

Leçon numéro deux : pourquoi ne pas tout simplement les appeler par leurs noms? Voilà, un bon début! lance-t-il à l’animatrice qui est allée à sa rencontre dans les locaux de La Soupière, au coin de la rue Main et du boulevard Maloney.

Ma job d’organisateur communautaire, c’est de mettre un visage derrière une statistique.

Alexandre Deschênes
Alex Deschênes, organisateur communautaire au Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais et chef cuisinier à La Soupière de Gatineau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alex Deschênes, organisateur communautaire au Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais et chef cuisinier à La Soupière de Gatineau.

Photo : Jhade Montpetit

Alexandre Deschênes aimerait qu’on arrête d’ignorer les gens qui sont dans une situation d'itinérance. Qu’on prenne conscience de leur présence et de leurs besoins. Pas juste durant le temps des Fêtes, dit-il, mais tout le temps, quotidiennement.

Oui, nul besoin de le répéter, il le sait, ce n’est pas toujours facile. La peur — mais de quelle peur parle-t-on exactement? — l’emporte bien plus souvent que la compassion. Pourtant, si vous saviez ce qu’une gentillesse peut provoquer!

Alexandre Deschêne a ce conseil...

« Quand quelqu’un crie après nous autres, il faudrait juste ne pas pogner les nerfs et surtout pas lui crier après, parce que ça va faire une escalade », prévient-il. « Pourquoi ne pas juste lui demander : ‘‘Ça vas-tu?’’ Puis, vous allez voir la personne, elle va se calmer. »

Autre suggestion : « Quelqu’un te demande de l'argent et t’en a pas? Dis-lui plutôt : ‘‘Heille, excuse-moi, je n’en ai pas, mais comment ça va aujourd’hui?’’ »

Vous verrez… le miracle.

Un petit peu de reconnaissance, est-ce trop demander? lance Alexandre Deschênes. L’exclusion a ceci de pernicieux : elle laisse des stigmates et elle crée des catégories de personnes.

C’est violent l’exclusion, c’est violent se faire ignorer, c’est violent le jugement!

Alexandre Deschênes

« L’exclusion sociale commence quand on change de trottoir, quand on se tasse un p'tit peu, quand on détourne les yeux. » Pensez-y!

Mathieu Déziel (directeur général), Alexandre Deschênes, Fito Faro (intervenant), Manon Ledoux (coordonnatrice) et Nicolas Godin (aide-cuisinier).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mathieu Déziel (directeur général), Alexandre Deschênes, Fito Faro (intervenant), Manon Ledoux (coordonnatrice) et Nicolas Godin (aide-cuisinier).

Photo : Crédit : Jean-Simon Laflamme

Dignité alimentaire

À La Soupière, on renverse la tendance, on ouvre grands les bras, on pratique l’inclusion par la bouffe.

« Ce n’est pas parce que tu te nourris dans une banque alimentaire, que tu n’as pas d’argent ou que tu sois pauvre, que tu ne peux pas faire quelque chose de bon », lance Alexandre Deschênes.

On veut qu’ils mangent et on veut qu’ils trippent.

Alexandre Deschênes

« Ici, on essaie le plus possible que ce soit de la bonne bouffe, pas juste garrochée. Je ne sers rien qui ne me fait pas tripper! »

Alex Deschênes, organisateur communautaire au Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais et chef cuisinier à La Soupière de Gatineau. M. Deschênes est accompagné d'un ancien participant devenu nouvel aide cuisinier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alex Deschênes, organisateur communautaire au Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais et chef cuisinier à La Soupière de Gatineau. M. Deschênes est accompagné d'un ancien participant devenu nouvel aide cuisinier.

Photo : Radio-Canada / Jhade Montpetit

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi