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Jhade Montpetit
Audio fil du samedi 10 août 2019

Hommage au cinéma conjugué au féminin

Publié le

Des sacs avec un logo du Festival international du Cinéma des Femmes de Fort-Coulonge sont accrochés à une corde à linge.
Des sacs à l'effigie du Festival international du Cinéma des Femmes de Fort-Coulonge.   Photo : Facebook/Festival international du Cinéma des Femmes de Fort-Coulonge

Le deuxième Festival international du cinéma des femmes de Fort-Coulonge bat son plein jusqu'à dimanche. C'est l'occasion de demander à deux dames du cinéma de souligner les oeuvres et autres sources d'inspirations réalisées au féminin.

Le film qui vous a donné la piqûre du cinéma
Suzanne Vallières-Nollet, présidente du comité organisateur et présidente de l'organisme Phare Ouest
Mon plus lointain souvenir, c'est Cinéma Paradisio avec Philippe Noiret. Un film réalisé par une femme qui m'a marquée en tant qu'ado, c'est Caramel de Nadine Labaki.

Josiane Blanc, réalisatrice
J’aime beaucoup les films de suspense et d’action; les comédies aussi. En grandissant et en commençant mes études en cinéma, j’ai découvert les films de Chaplin, d’Hitchcock (Psycho, Les oiseaux, Vertigo), Coppola (Apocalypse Now). Ce n’est pas un film en particulier. C’était surtout de réaliser les possibilités infinies de création, d’émotion et de découverte que le cinéma offrait.

La plus grande cinéaste de tous les temps
Suzanne
Question très difficile et ingrate! Je choisis Alanis Obomsawin [qui a réalisé le documentaire sur la crise d’Oka, Kanehsatake : 270 ans de résistance]. Parce que son travail est d'une importance capitale pour notre pays et pour les peuples autochtones dans le monde. Sa démarche est d'une franchise et d'une authenticité renversantes. Elle va toujours à la rencontre des gens.

Josiane
Je dirais Agnès Varda, cinéaste indépendante, pionnière du cinéma de la Nouvelle Vague. Originale, vraie, engagée. Au Canada, Alanis Obomsawin pour son apport important au cinéma documentaire. Pour moi, le cinéma qui a de l’impact va au-delà du divertissement. Il informe, il donne une voix à une communauté sous-représentée ou marginalisée, il permet d’amener la réflexion ou le débat sur une situation, il apporte des changements.

Suzanne Vallières-Nollet est assise dans un studio
Suzanne Vallières-Nollet est présidente du comité organisateur du Festival international du cinéma des femmes de Fort-Coulonge et présidente de l'organisme Phare Ouest. Photo : Radio-Canada/Stéphanie Rhéaume

La réalisatrice qui continue de vous surprendre
Suzanne
Une réalisatrice que j'ai beaucoup de bonheur à suivre depuis quelques années, c'est Geneviève Dulude-De Celles. J'avais beaucoup aimé son documentaire Bienvenue à F.L. [un portrait d’étudiants d’une école secondaire en région du Québec]. On a la chance de présenter son dernier film, Une Colonie, au festival cette année.

Josiane
Ava DuVernay que j’ai découverte il y a quelques années avec son film Selma qui était magnifique. Son documentaire 13th sur l’incarcération de masse aux États-Unis m’a jetée par terre. J'étais triste, fâchée, abasourdie! Plus récemment, sa série When They See Us sur Netflix. C’est bien réalisé, touchant, en plus de nous obliger à voir en face des réalités difficiles souvent ignorées. Son art contribue à divertir, mais aussi à éduquer et à faire changer les choses et j’admire ça.

La cinéaste qui vous a procuré la plus grande émotion cette année
Suzanne
Greta Gerwig qui a réalisé Lady Bird. Ce film m'a habitée pendant plusieurs jours. Je n'avais jamais vu l'adolescence présentée d'une façon qui me rejoignait autant. J’ajoute Rachel Lears pour Knock Down the House, sur quatre femmes qui ont fait les campagnes primaires démocrates, dont Alexandria Ocasio-Cortez.

Josiane
J’écoute beaucoup de documentaires et une réalisatrice qui m’a profondément touchée est Tasha Hubbard. Son documentaire We Will Stand Up raconte l’histoire d’un jeune Cri mort d’une balle à la tête en Saskatchewan. L’histoire suit le procès de la famille contre le tireur qui a été acquitté. Le film soulève beaucoup de questions sur le passé colonial, le racisme au sein du système judiciaire au Canada. Il y a une scène en particulier à la fin du film qui m’a bouleversée.

Une femme de l’ombre, une artisane du milieu du cinéma que vous aimeriez nous faire découvrir
Suzanne
Il y a en trop! Je voudrais nommer toutes les réalisatrices de documentaires. Je conseille fortement d'aller visiter le site de Réalisatrices Équitables (lien externe : https://realisatrices-equitables.com/).

On ne voit pas assez de documentaires dans nos cinémas et on a encore plus de travail à faire pour donner la place qui revient aux réalisatrices.

Suzanne Vallières-Nolet, résidente de Phare Ouest

Josiane
J’ai fait la connaissance de Danielle Sturk, une réalisatrice franco-manitobaine qui a réalisé cette année El Toro, un documentaire [sur un restaurant tenu par la famille DeGagné à Saint-Boniface durant les années 1960] avec une très belle facture visuelle. The Reformist aussi, le premier long-métrage de la Danoise Marie Skovgaard sur la première femme imam au Danemark. Puis Massacre River, un documentaire de Suzan Beraza sur la déportation des Dominicains d’origine haïtienne en République dominicaine.

La comédienne dont le talent vous renverse à tout coup au grand écran
Suzanne
Il y en a plusieurs! La première qui me vient à l’esprit, c'est Anne Dorval.

Josiane
Difficile de m’arrêter sur un seul nom. Certaines performances de comédiennes m’ont particulièrement marquée : Lubna Azabal dans Incendies, Audrey Tautou dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Lupita Nyong’o dans 12 Years a Slave, Charlize Theron dans Monster, Sissy Spacek dans Carrie, Natalie Portman dans Le Professionnel et Black Swan

Je suis capable de me rappeler de scènes très précises même si j’ai vu le film une fois il y a 10 ou 15 ans.

Josiane Blanc, réalisatrice

La barrière qui reste à faire tomber pour les femmes dans le 7e art
Suzanne
La reconnaissance, pour la relève comme pour les grands événements officiels du cinéma. Mais on a un système de vedettariat qui semble hésiter à laisser les réalisatrices devenir des monuments du cinéma.

Josiane
D’abord, je dirais qu’on avance. On voit plus de femmes en réalisation, plus de femmes être reconnues pour leurs créations aussi : Chien de garde, Une colonie, Ava… Par contre, il reste du chemin à faire, notamment en matière de pourcentage de scénaristes et de réalisatrices qui ont reçu des subventions de Téléfilm Canada. Sur la question des femmes issues de la diversité, c’est encore plus choquant. Un rapport de Women in View, sorti en mai dernier, indiquait qu’entre 2014 et 2017 les rôles clés occupés par des femmes étaient passés de 17 % à 28 %. Mais lorsqu’on s’attardait aux femmes issues des communautés culturelles, c’était 1,81 % des contrats qui étaient donnés à des femmes de couleur et 0,69 % à des femmes autochtones.

Josiane Blanc est assise dans un studio de radio.
La réalisatrice Josiane Blanc Photo : Radio-Canada/Stéphanie Rhéaume

Le film que vous rêvez de faire
Suzanne
Si je pouvais avoir une petite équipe de tournage, du temps et un peu – beaucoup – d'argent, je suivrais Greta Thunberg [la jeune Suédoise qui milite contre le changement climatique, NDLR] pour documenter son quotidien, sa quête pour sensibiliser les dirigeants. J'ose espérer que quelqu'un le fait déjà!

Josiane
Faire un thriller psychologique avec une femme comme personnage principal, c’est quelque chose qui me plairait beaucoup. Je m’intéresse aussi à la comédie – même si ça reste un terrain inconnu pour moi. Faire rire les gens, c’est tout un défi! Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais il faut les mettre par écrit et les réaliser.
*Le court-métrage de fiction de Josiane Blanc, Date limite est présenté samedi dans le cadre de la soirée Cinéma sous les étoiles.

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