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Jhade Montpetit
Audio fil du samedi 11 août 2018

Le Rolling Barber : coiffer au nom de la dignité

Publié le

Un autobus scolaire stationné
Le Rolling Barber.   Photo : Radio-Canada / André Dalencour

Depuis la mi-juillet, le Rolling Barber sillonne les centres d'aide pour les personnes dans le besoin de la capitale nationale, afin de proposer des lavages, des coupes de cheveux et des soins esthétiques.

À l’origine de ce projet, il y a Anne Donovan, une ancienne employée de l’Université d’Ottawa pendant plus de deux décennies.

Quand elle sortait se balader dehors le midi, elle était interpellée et touchée par les sans-abri qu’elle croisait notamment dans le secteur du marché By. Elle avait l’habitude de leur donner de l’argent ou de la nourriture, mais elle voulait aller plus loin.

Je parlais de ça avec [mon coiffeur] et je lui disais : "Est-ce qu’il y a une façon dont on pourrait juste laver leurs cheveux pour que ça paraisse mieux? Mais les amener dans un salon, c’est plus difficile, constate-t-elle alors.

C’est plus qu’un lavage de cheveux. C’est pour l’estime de soi. C’est pour leur montrer qu’on se soucie d’eux et qu’ils valent la peine.

Suzanne Plamondon, bénévole

Mme Donovan s’est alors demandé s’il n’était pas possible d’amener le salon à eux. Elle a proposé son idée à François Thibault, qui a suggéré d’utiliser un autobus scolaire. Le Rolling Barber était en marche.

Mettre l’idée en branle

Les deux partenaires ont alors monté un dossier pour créer un OSBL. Ils ont aussi sondé les besoins des organismes qui travaillent avec les plus vulnérables.

Souvent, on avait dans ces endroits-là un ou deux coiffeurs qui venaient de temps à autre, mais il n’y avait pas une structure qui était organisée pour pouvoir offrir ces services sur une base régulière, précise François Thibault, cofondateur du Rolling Barber.

Salon de barbier mobile

L’acquisition et le réaménagement du véhicule poids lourd ont été réalisés grâce au soutien de la communauté. Une campagne de financement participatif a permis d’aller chercher les fonds manquants.

Aujourd’hui, l’autobus élit domicile dans un secteur différent tous les dimanches. Les coiffeurs et les barbiers proviennent d’une dizaine de salons de la région et offrent leurs compétences bénévolement.

Un traitement spécial

Pour plusieurs personnes qui utilisent ce service, se faire coiffer est un luxe qu'ils ne s'étaient pas payé depuis longtemps.

Lynn Kelly est l'une d'entre elles. Lors d'une visite de CBC dans l'autobus, elle a expliqué ce qu'elle voulait au coiffeur.

Je veux égaliser mes cheveux, parce que je les ai coupés moi-même et je ne crois pas du tout que c'est égal, a-t-elle dit.

Une femme se fait couper les cheveux, de face, les yeux fermés.
Lynn Kelly dit avoir eu, au Rolling Barber, sa première coupe de cheveux en cinq ans.   Photo : Elyse Skura/CBC

À l'intérieur de l'autobus chaleureux et nouvellement aménagé, Mme Kelly se sentait gâtée.

La coupe est fantastique.

Lynn Kelly

C'est quelque chose qu'on oublie, quand on est dans la rue. On n'y pense même pas. Beaucoup de gens ne peignent pas leurs cheveux, a-t-elle observé.

Il n'y a pas que des personnes itinérantes qui se prévalent de cette aide, selon Mme Donovan. Plusieurs travailleurs au salaire minimum sont entrés dans l'autobus, ne pouvant se payer une coupe à 30 $ ou 40 $.

Mme Donovan raconte qu'un homme se faisait souvent dire par ses patrons de se faire couper les cheveux.

Nous avons coupé ses cheveux, raconte-t-elle. Puis, il est revenu et m'a dit que nous avions sauvé son emploi.

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