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Jhade Montpetit
Audio fil du samedi 5 mai 2018

Le nom de mama : parler des pensionnats autochtones pour en guérir

Publié le

Une photo du livre Le nom de mama dans un studio de radio
La couverture du livre Le nom de mama   Photo : Éditions David

Les pensionnats autochtones étaient des établissements où l'on scolarisait, évangélisait et assimilait les enfants autochtones, tout cela pour « tuer l'indien dans l'enfant ». La mère de Rosanna Deerchild a vécu cet enfer. La fille a voulu le raconter dans un livre pour aider sa maman à guérir en brisant le silence.

Rosanna Deerchild est une auteure crie originaire de Thomson, au Manitoba. C’est dans cette province que sa mère a passé neuf ans dans un pensionnat.

Son livre se compose de poèmes en prose qui forment de courts tableaux de quelques pages, afin d’illustrer des pans de la vie dans les pensionnats.

Initialement rédigé en langue crie en 2015, puis traduit en anglais, la version française de ce livre a été publiée en avril dernier.

Aurèle Dubé, un Algonquin, militaire à la retraite, était invité par Les malins à proposer ses commentaires sur le livre.

« Lorsque j’ai lu les poèmes, ça m’a ramené dans le passé directement, parce que j’ai vécu moi-même dans des familles d’accueil. Dès l’âge de cinq ans, je partais pour ma famille d’accueil, parce que ma mère, comme la plupart des autochtones qui ont vécu les pensionnats, avait des problèmes avec la boisson », a expliqué M. Dubé.

Il estime que ces sujets sont encore tabous dans les familles autochtones, mais qu’il est très important de briser le silence.

S’exprimer fait partie du processus de réconciliation. Parce que ces gens-là, ce qu’ils ont vécu, c’est des traumatismes. […] Le moindre petit événement qui va se passer, ce sera un instigateur qui va leur faire revivre ce passé-là.

Aurèle Dubé

« Ce n’est pas facile de discuter des affaires difficiles qu’on a vécues quand on était jeune. Mais si on veut passer par-dessus, il faut vraiment s’exprimer, parce que ça fait partie de l’apprentissage pour essayer de se libérer de ces cauchemars », souligne-t-il.

Écrire l’oralité

Rosanna Deerchild a travaillé pendant 15 ans pour de nombreux médias, dont le réseau autochtone APTN. Elle réside aujourd’hui à Winnipeg, au Manitoba, où elle anime l’émission Unreserved sur les ondes de CBC Radio One.

Son écriture frappe comme un coup de poing, avec des mots simples, des phrases directes et sans fioritures.

Ce sont des poèmes qui donnent des coups au cœur directement. Mais en même temps, il y a une douceur dans la façon dont on le présente.

Anne-Marie Trudel, la directrice générale du Salon du livre de l’Outaouais

« L’oralité est très présente. Je trouve cela intéressant. Peut-être que c’est cela qui traduit aussi le fait que ça n’a pas été écrit par un blanc, mais par un Autochtone pour qui l’oralité reste un mode d’expression », précise Anne-Marie Trudel, directrice générale du Salon du livre de l’Outaouais, qui tenait à présenter cette œuvre à l’émission Les malins.

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