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Jhade Montpetit
Audio fil du samedi 9 décembre 2017

Pas besoin d’être détective pour construire son arbre généalogique

Publié le

Une carte de l'Outaouais et un arbre généalogique à compléter de la BAnQ.
Une carte de l'Outaouais et un arbre généalogique à compléter de la BAnQ.   Photo : Radio-Canada / André Dalencour

Avez-vous déjà pensé offrir un arbre généalogique comme cadeau de Noël? Si vous ne savez pas par où commencer, en plus de tous les sites spécialisés qui existent de nos jours, les bureaux régionaux de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) regorgent de ressources pour vous aider. Et vous seriez surpris de ce que vous pourriez y déterrer.

Un texte d’André Dalencour pour Les malins

Se lancer dans une recherche en généalogie s’apparente à ouvrir la boîte de Pandore. C’est en tout cas comme cela que Suzanne Lajoie le présente.

Suzanne Lajoie, de dos, en train de regarder un registre de notaire sur un ordinateur.
Suzanne Lajoie en train de regarder un registre de notaire sur un ordinateur. Photo : Radio-Canada/André Dalencour

Cette sexagénaire est une habituée des locaux de BAnQ à Gatineau où elle passe régulièrement ses journées. Après plusieurs années de recherches, elle a réussi à se monter une base de données de près de 10 000 noms.

Dans la famille, on ne parlait pas vraiment des histoires de famille, de ce qui se passait dans le passé à eux autres. Quand j’ai fait ma recherche, j’ai découvert certaines choses intéressantes sur la famille de mon père.

Suzanne Lajoie, passionnée de généalogie

Cette ancienne infirmière a par exemple découvert qu’il y avait eu plusieurs mariages entre anglophones et francophones dans sa famille. C’était même le cas de ses propres parents.

« C’était très tabou. Même mon père et ma mère… Ma mère était protestante, mon père était catholique. Mon père a été excommunié parce qu’il a marié une protestante. Finalement, ils se sont remariés de manière catholique après. Mais, j’ai deux dates de mariage. C’est pour ça que c’est intrigant », explique-t-elle.

Par ailleurs, Suzanne Lajoie, qui a réussi à remonter jusqu’en 1760 du côté de son père, s’est rendu compte que son nom de famille était composé de deux mots à l’origine.

Une lettre datant du XVIIIe siècle est disponible dans les archives de la BAnQ de Gatineau.
Les archives de la BAnQ de Gatineau abrite des documents datant du XVIIIe siècle. Photo : Radio-Canada/André Dalencour

Des histoires et des secrets

L’archiviste et coordonnatrice de BAnQ pour l’ouest du Québec, Jacinthe Duval, le confirme. Parfois, on peut avoir des surprises quand on fait des recherches et certaines sont plus agréables que d’autres.

« On a trouvé des histoires d’inceste ou de cousins un petit peu trop proches qui se sont mariés. Généralement, ce ne sont pas de mauvaises histoires comme ça », précise-t-elle néanmoins.« Souvent, c’est peut-être des naissances hors mariage. Ou, on découvre qu’en fait notre grand-père a été adopté, puis oups… Ce n’est pas notre lignée du tout. »

Plus on va, plus c’est difficile, mais une fois qu’on trouve quelque chose, c’est tellement excitant que l’on veut continuer et essayer de retrouver encore plus loin.

Jacinthe Duval, archiviste et coordonnatrice de BAnQ pour l’ouest du Québec

Les recherches peuvent aussi conduire à déboulonner certains mythes familiaux. La généalogie devient alors un outil pour rétablir certaines vérités.

Jacinthe Duval, archiviste et coordonnatrice de BAnQ pour l’ouest du Québec, en train de marcher dans un entrepôt.
L'archiviste Jacinthe Duval connaît l'entrepôt de la BAnQ de Gatineau comme sa poche. Photo : Radio-Canada/André Dalencour

« Dans ma famille, tout le monde pensait qu’il y avait une racine autochtone quelque part. Finalement, en faisant beaucoup de recherche, ils se sont rendu compte que non. C’était une histoire de famille, ce n’était pas vrai », raconte Mme Duval.

Selon elle, les motivations des personnes qui viennent dans les bureaux de BAnQ sont assez variées, mais elles ont en commun leur désir d’appartenance.

« On comprend un petit peu des traits de personnalité qu’on a », analyse Jacinthe Duval.

« Il y a des liens qui se font et c’est quand tu fais ta recherche que tu découvres ton histoire, ça explique certaines choses », corrobore Suzanne Lajoie.

Des photos d'archives sont précieusement conservées dans l'entrepôt de la BAnQ, dont la température et l'humidité sont contrôlées.
Des photos d'archives sont précieusement conservées dans l'entrepôt de la BAnQ, dont la température et l'humidité sont contrôlées. Photo : Radio-Canada/André Dalencour

Toutes les deux affirment que les recherches en généalogie permettent d’instaurer un lien personnel avec des événements historiques, tels que les guerres ou les catastrophes, ou avec des personnages historiques.

Des ressources variées

Ce qu’il y a d’intéressant avec les archives de la BAnQ, c’est la possibilité de fouiller gratuitement dans les archives provinciales et municipales, les documents paroissiaux, les actes notariés et les documents de justice.

Et puis il y a aussi les fonds d'archives privées, qui comprennent des photos ainsi que des documents textuels provenant d’organismes ou d’entreprises.

Des boîtes en carton contenant les archives municipales de la Ville de Gatineau.
Les archives municipales sont aussi accessibles à la BAnQ de Gatineau. Photo : Radio-Canada/André Dalencour

On a des cartes et plans, des documents textuels, des photos, des films, des enregistrements sonores, du numérique aussi.

Jacinthe Duval, archiviste et coordonnatrice de BAnQ pour l’ouest du Québec

« Souvent pour écrire une histoire, on va avoir autant besoin d’un côté que de l’autre », indique Frédéric Laniel, le directeur général du Centre régional d’archives de l’Outaouais, qui partage les locaux de la BAnQ à Gatineau.

« Je dis à la blague qu’un patron peut dire que ses employés sont les mieux traités du monde. Si on n’a pas la vision des 100 employés pour cet unique patron-là, ça ne permet pas d’avoir l’heure juste », ajoute-t-il.

Selon ces experts, en une après-midi de recherche, vous pourrez facilement remonter jusqu’à cinq générations. Et qui sait ce que vous allez découvrir.

Établir un arbre généalogique complet peut contenir des milliers de noms et tout autant d'histoires.
Établir un arbre généalogique complet peut contenir des milliers de noms et tout autant d'histoires. Photo : Radio-Canada/André Dalencour

L’édifice de la Maison de la culture de Gatineau abrite sous un même toit la BAnQ, la Société de généalogie de l'Outaouais, le Centre régional d'archives de l'Outaouais et la Section de la gestion des documents et des archives de la Ville de Gatineau. Les services de ces quatre organismes sont accessibles dans la même salle.

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