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Stéphane Garneau
Audio fil du mercredi 31 août 2016

Denys Arcand : filmer la société sans complaisance

Publié le

Denys Arcand en 1977
Denys Arcand en 1977   Photo : Radio-Canada/André Le Coz

« Si vous n'aimez pas l'image, ne blâmez pas le messager. » À 75 ans, le réalisateur des Invasions barbares affirme ne pas avoir peur de la mort, mais bien « des hôpitaux québécois ». Fort critiqué pour la réalité qu'il dépeignait dans cette fiction, Denys Arcand voit son rôle de cinéaste comme celui d'un miroir. En entrevue à l'émission En 50 minutes, il révèle à Franco Nuovo des détails sur son enfance et sa carrière, qui s'étend sur plus de cinq décennies, mais aussi sur l'écriture de son prochain film.

Le cinéma, « un passe-temps de chômeur »
Originaire de Deschambault, située entre Trois-Rivières et Québec, Denys Arcand était un enfant timide. Le sport lui a toutefois permis de sortir de sa solitude, tout en le rapprochant de son père. Ce dernier était un homme de peu de mots, « parce qu’un marin, c’est quelqu’un qui ne parle pas beaucoup ». S’il a fini par apprécier les œuvres de son fils, il a toujours détesté le septième art. « Il méprisait le cinéma. […] Pour lui, c’était un passe-temps de chômeur. »

De son côté, la mère de Denys Arcand avait toujours espéré que l’un de ses enfants devienne prêtre, médecin, avocat ou, « au pire », ingénieur. Elle s’est plutôt retrouvée avec « un cinéaste, un anthropologue, une criminologue et un acteur. Peut-on trouver destin plus triste? », lance-t-il en riant.

Conseils aux jeunes cinéastes
Aux futurs cinéastes, Denys Arcand conseille de ne pas trop s’en faire si leur premier film n’est pas un succès retentissant. « Ça ne va pas être un film qui va décider de votre carrière. Ça ne va pas être un Festival de Cannes qui va décider de votre carrière. Faire du cinéma, c’est courir le marathon. »

Il admet toutefois que c’est souvent ce genre de festivals qui permet aux œuvres de se faire connaître du grand public, particulièrement dans la Belle Province. « La mesure du succès au Québec, c’est toujours l’étranger. C’était vrai pour moi. C’est vrai pour Xavier Dolan. C’est vrai pour Denis Villeneuve. »

Un prochain film sur l’argent?
Denys Arcand confie avoir toujours le même « enthousiasme de débutant » lorsqu’il se trouve sur un plateau, même à 75 ans. Ces temps-ci, il travaille sur un sujet « compliqué » : l’argent. « L’argent est devenu notre seule valeur, les autres sont toutes disparues. […] Je le regrette, sauf que je ne veux pas revenir en arrière. Les valeurs qu’on avait avant, c’était des valeurs chrétiennes. »

Il déplore qu’aujourd’hui, la valeur d’une œuvre soit souvent mesurée en fonction de sa rentabilité. « Vous avez fait combien lors de votre premier week-end? C’est ça maintenant qui juge les films. […] Vous n’avez pas fait d’entrées? C’est pas bon. » Il souligne que cette même logique s’applique aux livres, aux pièces de théâtre, bref à tout objet culturel. « Toute cette pourriture-là m’intéresse. »

Réalisation : Julie Brunet

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