Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Animateur Stéphane Garneau
Audio fil du lundi 25 juin 2018

Les désillusions des Cowboys Fringants

Publié le

Un guitariste saute dans les airs devant une foule en liesse.
Les Cowboys Fringants en concert.   Photo : La Tribu

Malgré ses pointes humoristiques, le célèbre groupe Les Cowboys Fringants défendait surtout, à ses débuts, un idéal de projet collectif. Vingt ans plus tard, les paroles qui accompagnent la « douce nostalgie » de leurs mélodies délaissent un peu l'idéalisme pour raconter certaines désillusions. René Homier-Roy s'entretient pendant près d'une heure avec les quatre membres du quatuor.

L'écriture d’histoires à propos de personnages fictifs, désormais une des marques de commerce du groupe, rend Jean-François Pauzé heureux. « Ce sont mes chansons préférées à écrire », explique le principal auteur-compositeur des Cowboys Fringants.

Bien plus que les chansons engagées, qui sont souvent des casse-têtes […], les chansons à personnages sont mes petits moments personnels où je me gâte dans mon studio.

Jean-François Pauzé, Les Cowboys Fringants

Sur Shooter, sortie en 2012, le groupe rend hommage à Normand, un travailleur d’usine qui perd son emploi et broie des idées noires. Elle a été inspirée par la fermeture de l'usine Électrolux en 2014 dans la municipalité de L’Assomption, dans Lanaudière, où habitent trois des membres du groupe.

« Ce n’est pas juste L’Assomption qui a été touchée par la chanson, précise Marie-Annick Lépine, violoniste et arrangeuse du groupe. Jean-François a réussi à rendre le propos plus large. Finalement, partout où il y a eu des fermetures d’usine au Québec, c'est une chanson qui est demandée [en concert]. »

Ce sentiment d’un Québec désabusé par le manque d’idéaux collectifs de ses dirigeants, un trait qui semble commun à plusieurs sociétés occidentales, marque aussi, selon eux, la fin d’un certain projet souverainiste. Le bassiste Jérôme Dupras voit dans ce changement l’arrivée d’une nouvelle génération.

« Sans dire que l’idée n’est plus bonne, explique-t-il, à un moment donné, on ne peut pas non plus enfoncer quelque chose au fond de la gorge [des gens]. Manifestement, aujourd’hui, les gens sont ailleurs. La situation socioéconomique des Québécois a beaucoup changé depuis les années 1950, on ne peut donc pas ramener ce spectre de la confrontation et vouloir faire un pays sur les mêmes arguments. Je pense qu’il doit y avoir un changement de discours. »

Les Cowboys Fringants chantent « Octobre » pour l'émission En route vers l'ADISQ en 2016.

Le bonheur dans la musique

Les thématiques parfois graves de leurs textes n’empêchent pas Les Cowboys Fringants de savoir s’amuser, sur scène comme en studio. Les rythmes de leurs chansons sont d’ailleurs presque tous entraînants et gais.

« C’est ce qui est plaisant à faire, ajoute Jean-François Pauzé. Écrire un texte un peu plus sombre, mais qui est couché sur une musique festive. »

« En spectacle, précise Marie-Annick Lépine, je dirais même que ce qui est le plus présent, c’est ce côté festif. »

Les Cowboys Fringants sur une scène en train de chanter et jouer des instruments.
Les Cowboys Fringants en concert lors des FrancoFolies de Montréal à l'été 2017.   Photo : FrancoFolies/Benoit Rousseau

Chargement en cours