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Stéphan Bureau
Audio fil du lundi 23 avril 2018

Laure Adler : admirer les femmes pour mieux les défendre

Publié le

Une femme sur scène. Derrière elle, des hommes en vestons se tiennent debout.
Laure Adler à la remise du prix littéraire Décembre, en 2011.   Photo : Getty Images

« Nous souffrons d'un déficit très grave de l'enseignement de l'histoire des femmes, ce qui fait que nous manquons cruellement de nourriture intellectuelle, terrestre et amoureuse. » C'est pour cette raison que la journaliste et auteure Laure Adler vient de publier le Dictionnaire intime des femmes. Avec Stéphan Bureau, elle discute de féminisme, d'éducation dans une société machiste et de l'importance de protéger ses droits.

Dictionnaire intime des femmes
« L’ancien éditeur voulait que je fasse un dictionnaire des femmes consacré aux princesses, aux déesses, aux femmes officielles qui hantent notre imaginaire. Moi, je voulais qu’il y ait au moins un tiers de [femmes] vivantes. Je voulais faire quelque chose qui me ressemblait un peu. Je suis quelqu’un qui [se propulse] par l’admiration que j’ai d’autres personnes qui me guident en m’accompagnant dans mon existence. Je voulais faire un livre qui soit une contagion d’amour. Le mot "intime" est un peu prétentieux, mais ce sont des femmes qui, même si elles sont disparues, continuent à être très importantes pour moi, que ce soit des artistes, des écrivaines, des plasticiennes, des femmes qui comptent. »

Dans la foulée de l’affaire Weinstein, Laure Adler souscrit au mouvement #MeToo. De 1999 à 2005, alors qu’elle était directrice de la radio publique France Culture, elle affirme avoir été insultée, prise en otage et avoir subi des tentatives de viol, mais elle n’appuie pas pour autant le mouvement français Balance ton porc. « Je crois que ce sont deux mouvements distincts, inventés par deux femmes avec des parcours très différents. Les hommes ne sont pas des porcs et je déteste cette expression, ainsi que le mot "balancer". Je ne revendique pas la délation, […] ce n’est pas du tout dans mon registre. »

Dans l’histoire du féminisme, des hommes ont fortement contribué à la lutte pour l’égalité et la reconnaissance de la dignité des femmes.

Laure Adler refuse de mettre tous les hommes dans la même catégorie

Un père féministe
Si Laure Adler se révolte que la France soit une « société ultramachiste », c’est sans doute parce qu’elle a grandi en Afrique, avec un père qui respectait les femmes et qui les considérait presque comme supérieures à lui. C’est à son retour en France, à 17 ans, qu’elle a été sous le choc de voir que « la domination masculine est l’exercice normal des choses, c’est la banalité du quotidien et de la reproduction ».

On vit sur des schémas ultra-archaïques, que nous reproduisons, nous, les femmes, et les hommes aussi. C’est une empreinte symbolique au plus profond de nos inconscients respectifs.

Laure Adler croit que tout le monde a une responsabilité dans le sexisme ordinaire

L'importance de l'éducation pour continuer le combat
« Nous avons mal enseigné à nos enfants, et particulièrement à nos filles, que les libertés ne sont jamais définitivement acquises. Il faut toujours combattre pour pouvoir les conserver. Il faut prendre soin de ses libertés, non pas pour les chérir, mais pour les faire évoluer, les réactiver, les redéfinir. Nos enfants ont pensé que cette libération des mœurs et cette égalité des droits étaient définitivement acquises. Non, elle n’est pas acquise; regardez ce qui se passe dans certains pays de l’Est, où l’on revient sur le droit à l’avortement. » Laure Adler croit qu’on doit continuer à se battre, en France et ailleurs. Elle rappelle qu’il y a des pays où le taux de chômage est élevé et où l'on dit aux femmes de retourner à la maison, et constate avec impuissance les inégalités salariales partout sur la planète.

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