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Stéphane Garneau
Audio fil du jeudi 19 avril 2018

L'élégance littéraire de Sophie Fontanel

Publié le

L'auteure Sophie Fontanel
L'auteure Sophie Fontanel   Photo : Radio-Canada / Antoine Harinthe/Robert-Laffont

« Décalée », « tendre » et « imagination » : voilà les mots qu'utilise Sophie Fontanel quand on lui demande d'en choisir trois qui la décrivent. Avec son bagage familial alliant style et littérature, l'auteure et chroniqueuse a livré sa vision de la mode dans les plus grandes publications françaises. Au micro de Marie-France Bazzo, elle raconte les histoires de famille qui l'ont forgée et la façon qu'elle a d'unir élégance et intelligence.

Un héritage élégant
« Quand j'étais enfant, les gens autour de moi étaient bien habillés. Nous n’étions pas riches, mais il y avait une attention de ma famille. On m’a appris qu’un vêtement, c’est quelque chose de noble, il fallait y faire attention, bien le choisir. J’ai été éduquée là-dedans. » Sophie Fontanel doit beaucoup à sa grand-mère qui est arrivée à Paris en fuyant le génocide arménien. La France, « c’est le pays où les femmes sont élégantes, je veux devenir Française », disait son aïeule. L’auteure relate d’ailleurs le parcours de la dame dans le livre La vocation. Elle raconte que son grand-père l’encourageait en lui disant : « Ici, on ne connaît personne, invente-toi, fais comme tu veux, sois neuve! »

Ma famille arménienne avait une soif de culture française, et j’ai été élevée dans l’amour de la culture française et dans l’idée que rien n’est plus beau que la francophonie.

Sophie Fontanel

Un regard intelligent sur la mode
Après des études en linguistique, c’est avec un fort bagage littéraire et un amour des mots qu’elle est arrivée par hasard dans le milieu du magazine féminin, travaillant pour des publications comme Elle ou Cosmopolitan. « D’un côté, j’avais l’adhésion totale, j'étais fascinée, et de l’autre, j’avais la littérature qui me faisait regarder avec beaucoup de lyrisme ce milieu. Je ne pouvais me séparer d’une idée de l’élégance, qui était déjà désuète dans les années 80. »

« J’aimais Monica Vitti ou Greta Garbo et je passais mon temps à m’habiller comme dans les films que je voyais. J’avais une sorte de rapport d’éternité du vêtement. Je n’étais pas victime de la mode; je comprenais que le vêtement pouvait raconter des romans. Un roman personnel et charnel de la personne. »

L’auteure en trois mots

Décalée 
: « Je veux que tout soit très vivant. » Elle explique que, plus jeune, elle était incapable de réciter de la poésie et du théâtre par cœur, qu’elle était plus à l’aise en incarnant le texte, en le livrant avec ses propres mots.

Imagination 
: « Je pense à l’amour. Quand je lisais Prévert, D’Aragon ou Paul Éluard, je me disais que la vie est comme [dans leurs poèmes]. Mon imagination m’a fait regarder les hommes comme des miracles, des héros. Toutes mes histoires d’amour ont été gouvernées par l’imagination, jusqu’à ce que je me rende compte que la personne n’était pas comme je l’avais imaginée. »

Tendre : « Tout ce que je fais, je ne le fais qu’à partir du moment où je me suis désarmée. Comme tout le monde, parfois, j’ai envie de casser la gueule aux gens, dit-elle en riant, mais je suis convaincue qu’on n’obtient rien en étant violent, alors j’essaie d’être tendre. »

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