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Jean Marc Dalpé : la création comme moteur

Les grands entretiens

Avec Stéphane Garneau

Du mardi au jeudi de 21 h à 22 h
(en rediffusion du mercredi au vendredi à 3 h)

Jean Marc Dalpé : la création comme moteur

Audio fil du lundi 11 décembre 2017
Jean-Marc Dalpé devant un micro.

L'écrivain et dramaturge Jean-Marc Dalpé

Photo : Radio-Canada / Olivier Paradis-Lemieux

Quand sa propre fille est née, Jean Marc Dalpé a annoncé à sa mère adoptive qu'il désirait faire des recherches sur sa mère biologique. Celle-ci n'avait que 16 ans lorsqu'il est né, a-t-il découvert. Sa mère adoptive lui a remis le bracelet de bébé qu'il portait au moment de son adoption et une lettre « très touchante » de trois pages écrites par sa mère biologique.

Né à Ottawa, il dit avoir fait le choix de son identité franco-ontarienne, une identité « poétique », même s’il vit à Montréal depuis une trentaine d’années. L’écrivain, dramaturge, poète et conteur se confie à Marie-France Bazzo sur son enfance, mais aussi sur sa vision de la création, qu’il définit pour nous en trois mots.

Conflit
« Le métier d’auteur dramatique, le concept, ce qui est au centre de ce qu’on fait, c’est d’examiner le conflit. Ce qu’on crée, c’est des situations où il y a des personnages qui sont en conflit. Et, à un moment donné, ce n’est pas juste quelque chose qu’on crée, c’est une façon de voir le monde, c’est une façon de comprendre le monde. C’est en pouvant définir et clarifier les conflits qui sont en train de se passer, de se jouer, de se tramer, d’évoluer [qu’on arrive à définir le monde autour de soi]. Pour moi, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. [rire] »
Jean Marc Dalpé le répète souvent à ses étudiants : « Sans conflit, on s’ennuie. »

Fiction
« Encore là, c’est une façon de voir le monde. Ce qu’on définit comme la réalité, c’est une fiction qu’on se crée, qu’on s’écrit. C’est comme ça que l’on comprend le monde, en se créant des fictions. Je ne parle pas de roman ou de poésie. Même la science, les mathématiques, c’est une fiction dans le sens que c’est l’être humain qui impose cette façon de percevoir, de traduire la réalité. Cette traduction, c’est nécessairement quelque chose d’inventé, c’est nous qui l’inventons. Ce n’est pas dans la nature. La nature n’a rien à foutre des explications. Et là où il y a de la fiction, il y a du conflit. »

Minoritaire
« C’est une des idées fortes dans ma vie, dans mes actions, dans ce que j’écris, dans la façon dont j’interagis avec les gens et la façon dont je comprends le monde. C’est [aussi] ce que je défends parfois de façon intransigeante. Souvent dans les discussions, dans les débats, tout de suite je vais penser aux conséquences pour les minoritaires. Évidemment, je suis démocrate, je crois dans la démocratie. […] C’est la majorité qui va éventuellement dicter la façon dont les choses vont se faire, mais je pense qu’il faut toujours un contre-pouvoir à cette majorité, dans toutes les institutions, les institutions démocratiques notamment. Il faut un contre-pouvoir, il faut s’assurer que les minorités ne se font pas écraser. Aussitôt qu’on lit l’histoire, qu’on s’intéresse à l’histoire, on se réalise combien de gens sont retrouvés à l’autre bout du bâton […] entre les mains de la majorité. Je suis du côté des petites gens ou des minorités. On peut tous les nommer, mais c'est certainement de mon expérience personnelle de francophone de l’Ontario que [provient] mon empathie envers les Autochtones et leur combat en ce moment, ou pour le combat des femmes à d’autres moments, ou le combat des gais. »

Ces trois mots – conflit, fiction et minoritaire – sont des moteurs de création chez Jean Marc Dalpé. D’ailleurs, toute sa vie aura été une histoire de création, et on le lui a bien rendu, puisqu’il a été trois fois lauréat du Prix du gouverneur général du Canada pour deux pièces de théâtre et un roman. Sa nouvelle pièce sera présentée l’année prochaine au Théâtre la Licorne, à Montréal.

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