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C’est comme ça la vie, une heure avec Yvon Deschamps

Les grands entretiens

Avec Stéphane Garneau

Du mardi au jeudi de 21 h à 22 h
et le dimanche de 20 h à 21 h, jusqu'au 21 juin
(en rediffusion du mercredi au vendredi à 3 h)

C’est comme ça la vie, une heure avec Yvon Deschamps

De gauche à droite, Stéphane Leclair, Yvon Deschamps et Judi Richards.

Yvon Deschamps et Judi Richards en entrevue avec Stéphane Leclair à l'Association sportive et communautaire de Centre-Sud.

Photo : Radio-Canada

« Moi, je savais que je resterais engagé ici. J'avais dit que je [prendrais] ma retraite à 85 ans de mes engagements, ce qui est dans quelques mois quand même... C'est venu trop vite, là. Je ne pensais pas que ça viendrait si vite que ça. » Yvon Deschamps s'implique depuis plus de 35 ans auprès de l'Association sportive et communautaire du Centre-Sud, où il reçoit l'animateur Stéphane Leclair. Ensemble, ils retracent les moments inoubliables de la carrière du géant de l'humour québécois. Au cours de cet entretien, des extraits d'archives, d'entrevues et de monologues se mélangent aux confidences de l'humoriste sur son enfance, son parcours et son engagement communautaire.

Ce qui m’impressionne le plus, c’est qu’on touche tellement de jeunes. Après 35 ans, ce sont des dizaines de milliers de jeunes qui ont eu la chance de profiter de cette association! Je pense que le plus touchant, ça vient des familles d’immigrants. C’est comme chez eux, ici. Ils se sentent en sécurité.

Yvon Deschamps

La question de l’accueil des immigrants est un sujet qui touche beaucoup Yvon Deschamps. Il aborde au micro de Stéphane Leclair son enfance passée dans le quartier ouvrier de Saint-Henri, qui lui fait penser au quartier Centre-Sud.

Les premiers textes d’Yvon Deschamps ont directement été inspirés par la relation entre son père, dessinateur industriel, et son patron. Le premier et très célèbre monologue de l’humoriste, Les unions qu’ossa donne?, en est l’exemple. J’ai eu 15 ans en 1950. Je voyais tout ce qui se passait. Il y avait beaucoup d’exploitation et de violence entre patrons et ouvriers. C’était dur dans ce temps-là, explique-t-il. Son père représentait aux yeux d’Yvon Deschamps cette exploitation, puisque en raison d’un petit handicap, il était sous-payé alors qu’il faisait le même travail que ses collègues.

Yvon Deschamps fait un bilan de sa carrière aux Grandes entrevues Juste pour rire, en 2009.

Yvon Deschamps fait un bilan de sa carrière aux Grandes entrevues Juste pour rire, en 2009.

Photo : La Presse canadienne / ARTV

Plus de 35 ans d’engagement communautaire

C’est peut-être la force de caractère de son père, victime d’injustice et d’exploitation, qui a poussé le jeune Yvon Deschamps à s’impliquer socialement. Alors que la carrière d’Yvon Deschamps prenait son envol, l’humoriste est devenu porte-parole de l’organisme Le Chaînon, qui vient en aide aux femmes en difficulté au Québec, et a participé à la fondation d’Oxfam-Québec en 1973. Je ne comprends pas pourquoi on n’en fait pas plus pour éradiquer la famine dans le monde. C’est terrible, parce que c’est vrai qu’on a les moyens pour nourrir le monde. On manque d’humanisme. 

Alors qu’en 1973, Yvon Deschamps devait souvent expliquer à son public qu’il y a une différence entre lui et son personnage, il affirme en entrevue être féministe pour se défendre des propos de son monologue. C’est au même moment qu’il a commencé à soutenir l’organisme Le Chaînon. Quand, en 1972, je suis arrivé au Chaînon, ça m’a fait [réaliser] ce que les femmes vivaient. 

Avec le recul, Yvon Deschamps estime qu’il y a beaucoup moins de violences qu’il y en avait avant. Je suis optimiste, aujourd’hui, grâce à un phénomène qui est désagréable, les réseaux sociaux. Les gens [y] disent n’importe quoi, mais ces mêmes réseaux sociaux vont faire en sorte qu’on va se connaître plus les uns les autres. J’ai espoir. 

Charlie Chaplin, une grande inspiration

Yvon Deschamps en 1969

Yvon Deschamps en 1969

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/André Le Coz

C’est l’intensité de son regard qui m’avait frappé. Juste son regard. Il y avait tout dans son regard. Toute la profondeur, toute la peine du monde, il l’avait dans les yeux, c’est incroyable. Yvon Deschamps raconte que les monologues qu’il a écrits ont été directement inspirés par Charlie Chaplin. Ça a été mon maître. C’est à cette idole du cinéma muet qu’il doit l’idée de raconter des choses graves en les transportant de façon légère. Sur le coup, le public rit, mais après quand il y repense, il se dit : "Ce n’était pas drôle, ça."

Difficile de croire Yvon Deschamps lorsqu’il affirme qu’il prendra sa retraite dans quelques mois. À l’aube de ses 85 ans, l’humoriste reste passionné par son engagement communautaire dans le quartier Centre-Sud. Sa fidèle compagne depuis 40 ans, Judi Richards, le confirme : Moi, je pense qu’on va être là jusqu’à tant qu’on tombe!

Sources extraits sonores :

Les ethnies, Comment ça, 2000...2001...2002?, GSI Musique

La mort du boss, Bill 22, Kébec-Disc

Les bénévoles, U.S. qu’on s’en va ?, GSI Musique

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