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Stéphane Garneau
Audio fil du mardi 22 octobre 2019

Émile Proulx-Cloutier : écrire des chansons comme des scénarios de films

Publié le

Un homme portant une casquette parle devant un micro.
Émile Proulx-Cloutier   Photo : Radio-Canada / Ronald Georges

Connu pour ses rôles au petit écran dans Faits divers, Demain des hommes et Boomerang, Émile Proulx-Cloutier poursuit en parallèle une carrière d'auteur-compositeur-interprète au succès notable depuis la parution d'Aimer les monstres (2013) et de Marée haute (2017). L'animateur René Homier-Roy rencontre le musicien et parolier.

À 5 ou 6 ans, il jouait du tambour, ou du coussin comme il dit, en essayant de suivre le rythme de succès populaires, casque d’écoute sur les oreilles. Son père, le comédien Raymond Cloutier, lui a acheté une batterie deux ans plus tard. Même si le piano est arrivé par la suite, « l’instinct de la percussion » n’a jamais quitté Émile Proulx-Cloutier.

Pourtant, une fois devenu adolescent, il veut être cinéaste. Il suit une formation en cinéma au Collège Ahuntsic, puis l’appel de la scène devient plus fort que tout. Il fait partie de la cohorte en jeu du Conservatoire d’art dramatique de Montréal de 2003 à 2006. Il réalise aussi le court-métrage Papa en 2004, qui reçoit deux prix Jutra (aujourd’hui prix Iris du Gala Québec Cinéma) l’année suivante.

Un déclic

À la mi-vingtaine, Émile Proulx-Cloutier vit une période professionnelle difficile. Pour s’en sortir, il sait qu’il doit créer de la musique seul, et il compose ses premières chansons, qu’il fait découvrir discrètement au Festival en chanson de Petite-Vallée en 2011. Il a 28 ans.

Très tôt, le désir de parler des autres dans ses textes, avec ses propres émotions, le talonne. « La vie des autres me fascine. Je peux irriguer ce récit d’émotions et de sensations qui, elles, m’appartiennent », affirme le chanteur.

Montage du visage d’Émile Proulx-Cloutier accompagné de la citation : « Dans mes chansons, je ne parle pas de moi, je parle depuis moi. »
Émile Proulx-Cloutier Photo : Radio-Canada

Avec deux albums studio et un enregistré en concert, Émile Proulx-Cloutier a maintenant le recul nécessaire pour analyser ses œuvres et son processus créatif. Il avoue notamment que dans ses chansons, il ne nomme pas les émotions, mais les sensations physiques que celles-ci provoquent.

Un homme joue du piano en chantant.
Émile Proulx-Cloutier sur scène au piano Photo : Radio-Canada

La création de ses chansons se fait à l’arraché, en parallèle à la vie de famille qui peut parfois peser sur lui. Bref, écrire est un exercice long et douloureux pour le père de trois enfants, et il est longtemps insatisfait de son travail. Par contre, le cinéma s’invite sans gêne dans ses chansons, qu’il écrit comme des scénarios. Émile Proulx-Cloutier aime la liberté créatrice de la chanson, où il laisse libre cours aux sentiments. Au cinéma, ce processus est ardu, mais il ne renonce pas pour autant à s'y remettre.

D’ailleurs, pour Marée haute, son deuxième disque, il voulait laisser plus d’espace à la musique et aux envolées musicales – ce qui se rapproche de la musique de film, dont il est un grand amateur.

À l’aise sur scène

« Mon territoire, ma maison, c’est la scène. […] Le studio n’est pas ma zone. […] Sur scène, je sais à qui je parle », déclare Émile Proulx-Cloutier. Quand il offre un spectacle, il espère que « ce voyage a généré de l’énergie » aux spectateurs.

Celui qui participe régulièrement à maints événements et à diverses causes sociales ne se considère pas comme un chanteur engagé. « Les artistes qui laissent des traces politiques ou sociales dans leurs œuvres, souvent ceux qui m’intéressent plus, dit-il, sont ceux qui arrivent à y mettre en plus tellement d’autres choses intimes, maladroites, drôles, spirituelles. »

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