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Stéphane Garneau
Audio fil du mercredi 16 octobre 2019

Mani Soleymanlou, l’acteur et dramaturge inspiré par l’identité

Publié le

Des écouteurs sur la tête, il est assis derrière un micro et lève le bras gauche en parlant.
Mani Soleymanlou   Photo : Radio-Canada / Étienne Côté-Paluck

« Je pense que le déplacement, l'envie d'enracinement, d'avoir des fondations solides font partie de tout être humain », croit Mani Soleymanlou. Le comédien, dramaturge, metteur en scène, scénariste et directeur de la compagnie Orange noyée se confie à Franco Nuovo sur sa démarche créatrice et théâtrale, qui est hautement inspirée de son immigration.

Mani Soleymanlou est né en Iran en 1982 d’un père homme d’affaires et d’une mère peintre. La famille quitte le pays pour Paris au milieu des années 1980 après la révolution de 1979 et pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988). Mani conserve de cette période des souvenirs flous, car son entourage garde le silence sur le passé. Son premier spectacle s’inspire d’ailleurs des secrets engendrés par ce départ.

Mani Soleymanlou a 9 ans lorsque les siens s’installent à Toronto, où il habite jusqu’à son départ à l’Université d’Ottawa. Il arrive à Montréal quelques années plus tard, à l’École nationale de théâtre du Canada.

À cet endroit et pendant quatre ans, il apprécie au plus haut point la collégialité avec les autres étudiants, soit les nombreux cours et répétitions en groupe sur tous les aspects du métier. Encore aujourd’hui, cette collégialité marque ses créations théâtrales.

La mise en scène et l’écriture

Après cette formation en 2008, Mani Soleymanlou est persuadé qu'il jouera dans des pièces théâtrales classiques. La vie en décide autrement, car il travaille plutôt avec des metteurs et des metteuses en scène d’œuvres contemporaines comme Claude Poissant et Alice Ronfard.

C’est là que j’ai compris le pouvoir de la salle de répétition, c’est-à-dire de la feuille où l'on écrit la pièce. Elle est plus large; c’est l’espace au complet sur lequel on écrit une pièce de théâtre.

Mani Soleymanlou

L’acteur d’alors est encouragé par le metteur en scène Éric Jean à écrire sur l’identité. Le soulèvement postélectoral de 2009 en Iran déclenche un déclic chez lui. Il apprend que 70 % de la population iranienne a moins de 30 ans, comme lui. Mani Soleymanlou écrit la première version d’Un en une semaine. « Je ne suis toujours pas sûr si je suis un auteur de théâtre », croit encore le dramaturge aujourd’hui.

Du théâtre politique?

Le théâtre de Mani Soleymanlou est éminemment politique, puisque ses créations ont été déclenchées par la situation politique iranienne. Par contre, il précise que ce genre d'engagement se limite uniquement à l’art.

Après le triptyque identitaire Un, Deux et Trois, puis Ils étaient quatre, Cinq à sept et Huit, Mani Soleymanlou connaît un grand succès auprès des publics québécois et français avec Neuf, une œuvre universelle et intime qui va au-delà des clichés habituels que nous portons sur les baby-boomers.

Affiche de deux hommes entourent une femme avec le mot Neuf écrit sous leur visage.
Neuf, une pièce de Mani Soleymanlou sur les baby-boomers Photo : Radio-Canada

En 2019, il met en scène Zéro, dans laquelle il raconte son histoire à nouveau, en faisant table rase sur l'identité présentée dans Un. « J’utilise la formule mathématique du zéro qui efface tous ses multiplicateurs », explique le dramaturge.

L’adolescent qui prend des risques, qui se laisse aller dans l’imprévisible, se trouve encore dans son cœur. « Si ce besoin d’excès et de folie et de vertige disparaît, je ne sais plus pourquoi je fais ça », dit-il au sujet du moteur principal de sa démarche créatrice.

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