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Christiane Ayotte, la reine de l’antidopage sportif

Les grands entretiens

Avec Stéphane Garneau

Du mardi au jeudi de 21 h à 22 h
(en rediffusion du mercredi au vendredi à 3 h)

Christiane Ayotte, la reine de l’antidopage sportif

Une femme avec des lunettes parle dans un micro.

Christiane Ayotte

Photo : Radio-Canada / Ronald Georges

À force de traquer les athlètes qui trichent, Christiane Ayotte s'est élevée au rang de vedette de la lutte antidopage. La chimiste et directrice du laboratoire de contrôle du dopage à l'INRS-Institut Armand-Frappier se qualifie de « scientifique avec une mission [dont les travaux ont] une portée immédiate », explique-t-elle à l'animateur Alain Gravel au cours de cet entretien où elle raconte les moments marquants de sa carrière.

Détentrice d’un baccalauréat en chimie à l’Université de Montréal, Christiane Ayotte a toujours cultivé l’indépendance d’esprit et sa curiosité scientifique, auxquelles son père chimiste contribuait.

Dans les années 1980, elle termine ses études postdoctorales à l’INRS et se joint à l’INRS santé. C’est le début de la lutte antidopage; les tests reprennent à l’INRS en 1983 après avoir été interrompus aux Jeux olympiques d’hiver de Lake Placid en 1980. En effet, le Canada énonce sa toute première politique antidopage à la suite du scandale de dopage des Jeux panaméricains de Caracas au Venezuela cette même année où 19 athlètes, dont les haltérophiles canadiens Terry Hadlow et Luc Chagnon, sont disqualifiés.

Une femme tient dans sa main un échantillon d'urine.

La directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS-Institut Armand-Frappier, Christiane Ayotte, manipule un échantillon d'urine.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Estimant alors les techniques de détection peu efficaces, Christiane Ayotte a recours à un spectromètre de masse et réussit à trouver deux échantillons positifs, ceux des deux haltérophiles. Ses collègues utilisant de la méthode immunométrique ne réussissent pas à les détecter.

Le scandale Ben Johnson

Tout le monde nous parlait de Ben Johnson avant les Jeux [de Séoul, en septembre 1988].

Christiane Ayotte

Le sprinteur canadien est dépouillé de sa médaille d’or au 100 m pour cause d’usage de stanozolol. Le plus grand scandale dans l’histoire de l’antidopage provoque la création d’une commission royale d’enquête sur le dopage, la commission Dubin.

Ben Johnson est suivi par Carl Lewis, Linford Christie et Calvin Smith sur la piste du 100 m des Jeux olympiques de Séoul.

Le 24 septembre 1988, Ben Johnson remporte la médaille d'or aux Jeux de Séoul. Il sera disqualifié pour dopage le surlendemain.

Photo : Getty Images / AFP / Romeo Gacad

Quelques mois après les Jeux olympiques de Séoul, qui se sont tenus du 17 septembre au 2 octobre 1988, Christiane Ayotte analyse un échantillon de Ben Johnson recueilli en janvier. Résultat : il contient du stanozolol. C'est la première fois que Christiane Ayotte parle de ce test publiquement.

Le parcours dopant de Geneviève Jeanson

« Geneviève Jeanson, ça sentait mauvais depuis des mois », indique Christiane Ayotte. Dès les débuts de la cycliste québécoise, quand elle avait 15 ou 16 ans, ses tests sanguins étaient suspects. Les chimistes voyaient la conséquence du dopage, mais pas la substance elle-même, car on n’arrivait pas encore à détecter l’érythropoïétine (EPO). « C’était une question de temps avant qu’elle soit attrapée », précise Christiane Ayotte.

Pendant longtemps, Geneviève Jeanson a refusé d’admettre qu’elle se dopait, mais elle a fini par avouer. Les athlètes qui nient s’être dopés attristent Christiane Ayotte, qui dénonce leur inutile bataille contre la science en vue de se disculper.

C’est le jusqu’au-boutisme, c’est gagner à tout prix, c’est ça que je trouve qui est le grand péril de nos sociétés.

Christiane Ayotte

Un tremblement de terre à Sotchi

Le comble de la tricherie est survenu aux Jeux olympiques de Sotchi, en 2014, alors que Moscou supervisait un système de dopage pour ses athlètes. « Il y avait déjà des rumeurs de corruption du laboratoire, on s’était dit qu'on y porterait attention. On n’a rien vu! Mais comment on pouvait penser que le grand génie de l’antidopage [Grigory Rodchenkov, l'ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou] était caché dans le sous-sol en train de remplacer des urines pendant la nuit? », affirme une Christiane Ayotte encore dégoûtée.

Regardez la bande-annonce du documentaire Icarus, sur le dopage aux Jeux olympiques de Sotchi (en anglais)

Ce scandale a mis à mal la réputation de la trentaine de laboratoires antidopage dans le monde. Pour Christiane Ayotte, un ou une scientifique qui triche, c’est inacceptable. Pour la chimiste, honnêteté et intégrité sont essentielles dans son métier et dans sa carrière.

Montage du visage de Christiane Ayotte au micro de Radio-Canada, accompagné de la citation : « Tout ce qui a guidé ma carrière, c’est l’intégrité. »

Christiane Ayotte

Photo : Radio-Canada / Ronald Georges



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