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Stéphane Garneau
Audio fil du mardi 1 octobre 2019

Heather O’Neill, l’écrivaine qui traduit la noirceur en mots

Publié le

Elle sourit au micro.
L'autrice Heather O’Neill   Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

« Quand j'écris, je suis tellement honnête. Tous mes secrets sortent », affirme Heather O'Neill. Cette véritable vedette de la littérature actuelle, un statut obtenu grâce à la nouvelle La vie rêvée des grille-pain et le roman Mademoiselle Samedi soir, raconte à Franco Nuovo son enfance difficile et son ascension qui l'a menée aux plus grands sommets.

Heather O’Neill vit une enfance mouvementée, marquée par la violence de son père. Sa mère américaine fuit dans son pays natal avec ses deux enfants. Sa mère la renvoie pourtant chez son père trois ans plus tard, en l’abandonnant.

La future grande écrivaine tient un journal intime à son retour à Montréal. L’écriture la sauve du milieu violent dans lequel trempe son père, qui reconnaît contre toute attente le talent de sa fille dès son enfance. Elle écrit tous les jours, est disciplinée et se dit obsessive. À 9 ans, elle écrit un récit qui remporte un concours et qui est publié.

Même à cet âge-là, je savais que je transformais ce monde dans une forme littéraire où je pouvais avoir un peu de contrôle. […] J’adore ça, écrire. […] Quand j’écris, j’entre dans un monde métaphorique et surréel.

Heather O’Neill

À Montréal, Heather O’Neill fréquente l’école anglophone, mais apprend le français à la maison, car la conjointe de son père est francophone.

Montage du visage d’Heather O’Neill, accompagné de la citation : « J’ai appris le français en entendant quelqu’un crier des mots d’amour. »
Heather O’Neill Photo : Radio-Canada/Hamza Abouelouafaa

Ses influences

Jean Genet, Marguerite Duras ainsi que Charles Dickens et sa « manière de décrire les gens pauvres qui se comportent comme des aristocrates » figurent parmi ses influences. Les écrivains qui proviennent d’un milieu difficile l’attirent.

La romancière a lu des œuvres de tous les écrivains québécois et admire Michel Tremblay et Marie-Claire Blais. D’ailleurs, elle plaide que Montréal et le Québec n’ont rien à voir avec le reste du Canada.

Je cherche un peu à mettre sur papier cet esprit québécois, qu’en fait, on ne trouve jamais dans les romans anglais écrits au Canada.

Heather O’Neill

Le succès

Couverture du nouveau livre Mademoiselle Samedi soir de la romancière Heather O'Neill avec une jeune femme qui porte un chat dans les bras
couverture du livre Mademoiselle Samedi soir de Heather O'Neill   Photo : site web des Editions Alto

Le succès change la vie de celle qui se considérait comme une ratée après une enfance difficile. Son premier roman, La ballade de Baby (Lullabies for Little Criminals), est publié en 2006. Ce très grand succès la déstabilise. Son deuxième roman, Mademoiselle Samedi soir, est plus difficile à écrire et ne paraît qu’en 2014.

Des Français qui n’étaient pas au fait de la réalité québécoise ont traduit Lullabies for Little Criminals. La romancière Dominique Fortier a alors proposé de traduire ses autres livres au Québec. « Elle a réussi à saisir votre âme », affirme Franco Nuovo. « Mon écriture est très lyrique, super poétique, donc il faut garder ça dans la traduction », acquiesce Heather O’Neill, qui met en scène des femmes fortes dans ses romans et y garde les hommes à distance. « Je pense qu’une femme doit être forte. Je trouve que dans ma vie, même s’ils ne l’ont pas fait exprès, les hommes ont essayé de m’arrêter », explique-t-elle. Toutefois, les femmes de ses œuvres finissent par trouver l’amour, même s’il n’est pas toujours heureux.

Heather O’Neill travaille à l’écriture de son prochain roman, et l’exercice est plus simple qu’auparavant. « J’essaye toujours, avec chaque roman, de me réinventer », affirme celle qui n’a toujours pas réussi à créer des personnages qui ont une mère.

Références

Mademoiselle Samedi soir, Heather O’Neill, Alto, 2019
Hôtel Lonely Hearts, Heather O’Neill, Alto, 2018.
La vie rêvée des grille-pain, Heather O’Neill, Alto, 2017
La ballade de Baby, Heather O’Neill, 10-18, 2014

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