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Stéphane Garneau
Audio fil du jeudi 26 septembre 2019

Émile Bilodeau, le jeune chanteur fier de sa langue

Publié le

Le chanteur sur le plateau du Beau dimanche.
Émile Bilodeau   Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

À 16 ans, il compose sa première chanson. À 21 ans, il remporte des prix dans plusieurs festivals, lance un premier album et reçoit le titre de révélation de l'année à l'ADISQ. René Homier-Roy rencontre Émile Bilodeau, un artiste humain, sensible et authentique, grand admirateur de Dédé Fortin, de Jean Leloup, de Plume Latraverse, de Félix Leclerc et de Bernard Adamus, auxquels il est souvent comparé.

Pour expliquer cet intérêt pour la musique québécoise, Émile Bilodeau raconte qu’il a grandi en l'écoutant lors de longs déplacements dans le véhicule familial. Harmonium, Beau Dommage, Les Colocs, Félix Leclerc et la Bolduc résonnaient à ses oreilles fraîches. « J’avais envie de participer à ce beau répertoire », affirme-t-il avec aplomb.

La Révélation Radio-Canada 2017-2018 en chanson n’a qu’un album sous le bras, Rites de passage (2016), dans lequel il épanche ses préoccupations de jeune cégépien. Sur son deuxième disque, qui paraîtra le 4 octobre et qui s’intitulera Grandeur mature, Émile Bilodeau abordera davantage des sujets comme la souveraineté, la langue et l’écoanxiété.

Je pense que, de plus en plus, j’aimerais devenir cet artiste-là à qui on demande son opinion. […] J’ai envie d’être plus impliqué. […] Je suis encore un petit gars, certes, mais j’ai plus d’expérience que [lors du] premier album. […] J’ai vraiment envie de commenter l’actualité, plus que jamais, parce que j’ai l’impression d’avoir un rôle de porte-parole générationnel.

Émile Bilodeau
Montage du visage d’Émile Bilodeau, accompagné de la citation : « J’ai pas de diplôme d’études supérieures, j’ai pas de voiture, j’ai pas de maison, mais j’ai des chansons. »
Émile Bilodeau Photo : Radio-Canada

« Triper » sur le français

Émile Bilodeau aime le français et tire un plaisir immense à l’écrire. Cet intérêt soutenu provient entre autres de quelques professeurs au cégep pourvus d’un vocabulaire riche qui lui ont enseigné. « Parfois, j’attrapais un mot et j’essayais de le faire rimer parce que ce mot-là, je ne sais pas pour quelle raison, m’habitait », explique le jeune chanteur.

Par-dessus tout, Émile Bilodeau aime les chansons à contenu, et les écrire est un jeu pour lui. Afin de repousser ses limites créatrices, il fait de l’écriture automatique, qu’il corrige avec le réalisateur et guitariste Philippe B.

Avant de mettre résolument le cap sur la chanson, Émile Bilodeau pensait faire carrière en humour, lui qui a du talent en ce domaine. Il a plutôt compris le potentiel critique et les possibilités qu’offre la musique de dénoncer des injustices et des situations.

J’ai l’impression que notre répertoire musical au Québec est encore plus primé [que l'humour].

Émile Bilodeau

Durant cette valse-hésitation normale à toute jeune personne, Émile Bilodeau s’est intéressé à l’improvisation, où on peut tout faire : écrire, jouer, mettre en scène et créer des costumes. « Pour moi, c’était une grande liberté artistique », dit-il. Par la suite, il lui a été facile de faire un choix et de s'arrêter sur la musique.

L’humour et l’improvisation demeurent toutefois présents dans ses créations et dans ses prestations scéniques, car il aime improviser et lancer des blagues entre deux chansons.

Ce jeune homme à la conscience sociale et politique aiguë considère même un jour une carrière politique, mais pour l’instant, il chante : « En musique, on n’a aucune ligne de parti. On a une plate-forme, et c’est quelque chose qui vaut de l’or », affirme-t-il.

À l’heure actuelle, les deux pieds d’Émile Bilodeau sont fermement ancrés dans le sol musical québécois, au grand plaisir de ses admirateurs.

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